Bruxelles : la présidente d’ATD-Quart-Monde en visite (271188)
Bruxelles, 27novembre(APIC) Madame Alwine De Vos Van Steenwijk, présidente du mouvement international ATD-Quart-Monde, était le 18 novembre au
foyer Catholique Européen à Bruxelles, ou elle s’est adressée aux fonctionnaires et journalistes européens présents pour leur parler de la marginalisation et de la pauvreté dans l’Europe d’aujourd’hui.
Mme De vos Van Steenwijk, juriste et économiste de formation, a renoncé
à une carrière diplomatique pour rejoindre le Père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD-Quart-Monde, et s’engager avec lui aux côtés des familles les
plus pauvres. C’est en 1957 qu’Aide à Toute Détresse a vu le jour dans le
camp pour sans-logis de Noisy-le-Grand, près de Paris. Le mouvement est
aujourd’hui présent dans une vingtaine de pays. Il compte des dizaines de
milliers de sympathisants et quelque 300 animateurs bénévoles engagés dans
le travail social.
Depuis trente ans le mouvement s’efforce de rassembler les familles qui
luttent contre l’extrême pauvreté et l’exclusion sociale qu’elle entraîne,
au même titre que le racisme, l’esclavage ou la torture. Pour ATD-QuartMonde le droit à vivre dans la dignité est l’un des droits humains fondamentaux. Sans travail, sans logement, sans formation, sans soins médicaux,
sans un minimum de moyens, comment les pauvres pourraient-ils faire valoir
leurs droits civiques et politiques, comparables à ceux de tout citoyen européen ? "Que signifie le droit à l’éducation pour des enfants européens
qui n’ont même pas de chaussures pour aller à l’école ?" demande la
présidente.
Démocratie sans exclusion
Mme De Vos Van Steenwijk a relevé qu’au cours de ces dernières années la
découverte la plus importante de bon nombre d’Européens était celle-ci :
les pauvres n’appartiennent pas qu’au Tiers-Monde, ils se comptent par millions en marge des cités de l’abondance du monde qui se flatte d’être capitaliste. Une pauvreté qui est exclusion des structures de la vie sociale et
politique en même temps qu’elle dépend de la "charité" des citoyens plus
aisés.
Mme De Vos Van Steenwijk compte sur les institutions européennes pour
défendre la cause du Quart-Monde et promouvoir sa "libération".
Les pauvres souvent sans voix
La présidente d’ATD-Quart-Monde a montré la difficulté pour les pauvres
de faire entendre leur voix au sein de l’Europe. Un exemple significatif :
la comparaison entre le rapport du Père Wresinski sur la grande pauvreté,
ou les pauvres eux-mêmes prennent la parole, et le rapport de la Commission
Européenne, établi sans aucune participation des familles du Quart-Monde.
Dans le rapport "Wresinski" les pauvres revendiquent une reconnaissance
sociale en tant que groupe et en tant que partenaires. Ce rapport recommande à la Commission Européenne d’accorder la plus grande attention au problème des droits de l’homme soulevé par l’existence et le développement de
la pauvreté : il y va de la possibilité d’exercer des droits civiques, politiques, sociaux, économiques et culturels.
Pour Mme De Vos Van Steenwijk le rapport de la Commission Européenne, au
contraire, oublie de prendre en compte les droits des pauvres, trop préoccupé qu’il est par la réussite du marché économique et financier de l’Europe de 1992.
La présidente propose d’intégrer les conclusions du rapport "Wresinski"
dans le rapport de la Commission Européenne pour qu’une place soit faite
aux pauvres sur le plan institutionnel. Concrètement, pourquoi ne pas reconnaître au mouvement ATD-Quart-Monde un statut d’interlocuteur privilégié
auprès du Conseil Economique et Social de la Commission Européenne ? Pour
Mme De Vos Van Steenwijk la question de la pauvreté ne se résoudra que dans
la participation démocratique.(apic/cip/cor)