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    Bruxelles: la délégation africaine propose au EECOD : (030389)

    après le plan Marshall, un "Plan Delors" pour l’Afrique

    Bruxelles, 3mars(APIC/CIP) Du 27 février au 2 mars, le Service Oecuménique Européen pour le Développement (EECOD) a accueilli une délégation africaine composée de quatre représentants protestants de la Conférence des

    Eglises de toute l’Afrique (CETA) et de cinq représentants catholiques du

    Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM).

    La délégation africaine a eu également des contacts avec les hautes instances européennes. Les représentants d’Eglises africaines dénoncent l’hypocrisie actuelle dans les relations Nord-Sud soulignant "qu’il n’y aura

    pas de réconciliation Nord-Sud ni d’espérance sans un minimum de justice et

    de solidarité". Et les Africains de suggérer à l’Europe de faire un geste

    historique en créant un "Plan Marshall pour l’Afrique, qui porterait peutêtre le nom de ’Plan Delors’".

    Le Service Oecuménique Européen pour le Développement est une organisation oecuménique qui s’est assignée pour but d’améliorer la prise de conscience au sein des Eglises européennes face aux problèmes liés au développement du Tiers-Monde.

    "Comme nos gouvernants, comme nos populations, nous sommes angoissés.

    Nous nous sentons condamnés à l’étouffement, à l’extinction et sans doute à

    la mort. Et nous voulons nous battre pour notre survie. Nous savons travailler, nous le faisons et désirons le faire davantage": c’est le cri

    lancé par Mgr Sarr (Sénégal), le vice-président du Comité Jean-Paul II pour

    le Sahel, à l’issue de cette visite de Bruxelles.

    Notons que cette visite a été effectuée à un an de la signature de la

    quatrième Convention de Lomé (1er mars 1990) entre les 12 Etats membres de

    la Communauté Européenne et les 66 pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique).

    Quinze ans après la signature de la première Concention (renouvelable tous

    les cinq ans), la question se pose en effet de savoir si l’Europe va imposer aux nations du Tiers-Monde, avec lesquelles elle a des liens privilégiés, de nouvelles contraintes, à un moment ou elles sont écrasées sous le

    poids de la dette.

    Au cours de son séjour, la délégation africaine a été reçue à la Commission Européenne par D. Frisch, directeur général du Développement au COREPER, le Conseil des représentants des Douze qui prépare les décisions du

    Conseil des Ministres de la CE, par une délégation d’ambassadeurs ACP au

    Parlement Européen et par des responsables d’organisation d’Eglises: Commission oecuménique pour Eglise et Société, Commission des conférences

    épiscopales catholiques des Douze, Conseil Oecuménique des Eglises... La

    délégation leur a fait part de l’insupportable situation de souffrance du

    peuple africain: situations déplorables allant de la désorganisation du

    système scolaire à la désarticulation des valeurs culturelles fondamentales

    en passant par les salaires dérisoires (l’inflation dépassant souvent les

    100%).

    S’exprimant au nom de la délégation, Mgr Sarr, a souligné le cruel dilemme auquel sont confrontés les dirigeants des pays africains: d’une part,

    promouvoir le développement, d’autre part, rembourser une dette insupportable. Il a fait ressortir également "l’aspect révoltant, inadmissible du

    remboursement" dès lors qu’il contribue à appauvrir davantage encore les

    populations, en permettant à des pays nantis de capitaliser. "Exiger de

    plus pauvres que soi un remboursement dont on pourrait se passer est profondément immoral", a-t-il affirmé.

    Un ajustement structurel?

    "Vous vous débattez dans d’énormes difficultés, la dette vous écrase, la

    misère augmente, alors faites les ajustements structurels que nous vous imposons et nous vous aiderons sans difficulté": c’est en quelque sorte la

    règle de vie inacceptable que le courant mondial (Fonds Monétaire International et Banque Mondiale) tente de dicter aux pays en voie de développement.

    Les représentants des Eglises d’Afrique s’insurgent contre ce diktat et

    présentent deux requêtes: la première concerne un réajustement des prix des

    produits agricoles et des matières premières: "nous ne sommes pas venus

    vous demander de l’argent, mais réclamer justice au nom de l’Evangile que

    vous, Européens, nous avez apporté, déclarent-ils. Il est impossible à

    l’Afrique de repayer sa dette, alors que le prix des exportations ne fait

    que baisser". La seconde requête porte sur la question d’un "ajustement

    structurel". Un thème qui a fait l’objet d’un "débat vif et approfondi", a

    déclaré l’abbé Ngindu (Zaïre), en soulignant que le problème africain est

    "une question globale et organique qui requiert plus qu’une solution particulière" et qui est "moins une question d’ajustement que de justice".

    Les membres de la délégation sont unanimes: "nous refusons catégoriquement l’ajustement structurel, même à visage humain, qui fait un mal énorme

    à nos populations et met en danger les stratégies d’indépendance alimentaire et économique. Et de constater: "d’une part, le Nord prétend nous aider,

    mais, d’autre part, la structure des relations économiques mondiales ne

    fait qu’augmenter notre dépendance vis-à-vis du Nord. Vous nous demandez de

    réajuster nos économies, mais vous refusez de restructurer ou même de réajuster l’ordre (désordre) économique qui prévaut en ce moment".(apic/cip/pe)

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