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    la dette, les Droits de l’homme et la démocratie

    Bruxelles : l’universite de paix se penche sur (300888)

    Bruxelles, 30 août (APIC/CIP) "La guerre est un acte de violence, dont le

    but est d’obliger l’adversaire à faire notre volonté", écrivait Clauzevitz

    au siècle passé. Selon la spécialiste des rapports Nord-Sud qu’est Susan

    George, l’endettement des pays du tiers-monde aboutit aux mêmes conséquences. Elle s’en est expliquée le lundi 29 août à Bruxelles, à l’ouverture de

    la session internationale de l’Université de paix, qui se tient jusqu’au 3

    septembre.

    Cette session porte cette année sur le thème : "Dette - Droits de l’homme - démocratie". Une soixantaine de participants de 24 nationalités sont

    venus "apprendre à écouter leurs expériences respectives sur le thème de la

    session", comme l’a dit en introduction Charles Vandervaeren, président de

    l’Université de paix.

    Une dette très "politique"

    Pour Susan George, dont les ouvrages sur le tiers-monde sont bien connus, l’endettement de ces pays est un phénomène politique, beaucoup plus

    qu’économique. C’est donc sur le plan politique, entre le Nord et le Sud,

    et dans les pays mêmes du Sud, que des pistes de solution doivent être

    cherchées.

    L’exposé de Susan George a donné un cadre de réflexion sur l’endettement. Après avoir rappelé les origines de la dette, l’oratrice a montré

    l’inefficacité des remèdes préconisés par les grands organismes internationaux comme la Banque Mondiale ou le Fonds Monétaire international (FMI) :

    exporter plus et dépenser moins. Citations à l’appui, elle a interprété

    l’endettement en termes de conflit pour le pouvoir et a stigmatisé les économistes qui jouent avec la survie des populations. "Les salaires réels

    doivent baisser de 30 à 40 o/o pendant de longues années", affirmait le

    plus sérieusement du monde un économiste de Harvard.

    Aux pauvres de décider

    Annuler les dettes du tiers-monde ? En soi, ce n’est pas une solution,

    estime Mme George. Parce que rien ne changerait pour les plus pauvres.

    La solution est plutôt à chercher d’un autre côté : constituer des fonds

    de développement, auxquels les pays rembourseraient leurs dettes en monnaie

    locale. Il faudrait absolument, dans ce cas, que ces fonds soient gérés par

    les représentants de la population de ces pays, en concertation avec

    l’Etat: paysans, femmes, habitants des bidonvilles...

    Susan George a reconnu avec les participants de la session que la

    perspective qu’elle venait de suggérer n’était pas dépourvue d’ambiguïté.

    En effet, ne nécessite-t-elle pas un fameux renversement du pouvoir, puisqu’elle suppose que le monde populaire puisse enfin décider de son propre

    avenir ? "C’est sans doute une utopie, devait confirmer Mme George. Mais,

    il y a un siècle, dans mon pays, l’abolition de l’esclavage était aussi une

    utopie."

    A la suite de cette oratrice, un représentant de la Banque Mondiale a

    tenté de montrer en quoi les programmes d’ajustement que propose cet organisme peuvent "répondre aux intérêts des plus défavorisés". Mais, manifestement, les participants de la session venus du tiers-monde avaient du

    mal à le croire. (apic/cip/bd)

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