Bruxelles: L’ex-séminaire Cardijn privé des 3/4 de ses subsides (120491)
Bruxelles, 12avril(APIC) Le Centre de Formation Cardijn (CEFOC) qui a
pris le relais de l’ex-séminaire interdiocésain Cardinal Cardijn, vient
d’être averti que les évêques francophones de Belgique ont décidé, le 21
mars, de réduire leur subside à son égard de près des trois quarts. Cette
réduction drastique remet très sérieusement en cause la poursuite du travail de formation des laïcs dans le cadre du CEFOC. Néanmoins les responsables du Centre ont pris le risque de poursuivre leurs activités. "Ce sera
difficile, mais concrètement, nous pensons que c’est possible", annoncentils.
C’est le 1er juillet dernier que le séminaire Cardijn de Jumet (Charleroi) est devenu le CEDOC, suite à la décision des évêques de mettre fin à
sa tâche de formation des prêtres. Les évêques ont cependant confirmé l’importance de la formation organisée par ce centre pour les laïcs du milieu
populaire. Pour ce travail, la Conférence épiscopale s’est également engagée à continuer d’assurer au CEFOC des moyens de fonctionnement en personnes et en finances.
En 1990, le CEFOC avait reçu des évêques francophones de Belgique un
subside de 160’OOO francs suisses pour ses activités de formation de 25
groupes en Wallonie et à Bruxelles, soit un total de 400 personnes. Le nouveau Centre, qui a trouvé par ses propres moyens les 80’000 francs qui lui
manquaient pour couvrir ses charges en 1990, a demandé pour 1991 un subside
de 90’000 francs. Il était convenu en effet que les évêques, faute de ressources suffisantes , réduiraient leur soutien financier au CEDOC. Quand
les responsables du CEDOC ont appris, par un coup de téléphone du trésorier
de la Conférence épiscopale, que les évêques avaient décidé de réduire leur
subside à 40’000 francs, la déception a été grande.
Aux yeux des responsables du CEDOC, "la décision des évêques semble renforcer les priorités de plus en plus imposées par un courant dans l’Eglise". Et d’expliquer: "De nombreuses voix s’étaient élevées pour appuyer le
travail du séminaire Cardijn. Bien des groupes et des personnes avaient insisté sur l’importance d’une telle formation pour l’avenir de l’Eglise et
du milieu populaire".
Un communiqué diffusé par le Centre dénonce "le peu de cas que la hiérarchie catholique fait de la formation des laïcs". Interrogés par l’agence
belge CIP, un des responsables du Centre précise: "Nous comprenons bien que
la Conférence épiscopale manque de ressources. Mais les problèmes financiers auxquels les évêques sont confrontés n’expliquent pas tout. Car ce
n’est pas dans toutes les dépenses que l’on opère des réductions aussi
drastiques. Il y a donc des choix qui sont faits. Et nous aimerions beaucoup qu’il y ait, dans l’Eglise, un espace où tous puissent réfléchir ensemble aux solutions possibles des difficultés financières qui se présentent actuellement".
Selon le Père Hubert Pirlot, porte-parole de la Conférence épiscopale,
les évêques ont pris cette décision après plusieurs rencontres et échanges
de courrier avec le président du CEFOC. En tenant compte aussi d’autres
groupes de formation des laïcs. Ils estiment donc considérer toujours le
CEFOC avec bienveillance. Ils ont même envisagé, disent-ils, de "résoudre
des cas sociaux qui se présenteraient si des préavis devaient être donnés".
(apic/cip/ba)