Bruxelles, 31août(APIC/CIP) "Dette, Droits de l’Homme et démocratie" :
tel est le thème de la session internationale de l’Université de paix qui
réunit à Bruxelles, depuis le 29 août et jusqu’au 3 septembre, une soixantaine de participants de 24 nationalités. Le premier pays étudié est l’Argentine, une démocratie menacée par la dette.
Le mardi 30 août, les participants ont entamé leur recherche à partir
d’un exposé de M. Alfonsin, frère du président argentin et ambassadeur de
son pays auprès de la Communauté économique européenne (CEE). M. Alfonsin a
brossé un tableau assez sombre des effets de l’endettement sur son propre
pays. Il a notamment mis l’accent sur certains cercles vicieux qui commandent les solutions proposées pour l’épurement de la dette. Certains fonctionnaires du Fonds Monétaire International (FMI) lui déclaraient, rapporte-t-il : "Les pays du Sud ne peuvent obtenir de financement supplémentaire
sans bons résultats économiques. Mais ils n’obtiendront pas de tels résultats sans financement."
L’ambassadeur d’Argentine a aussi insisté sur la responsabilité des pays
du Nord de l’hémisphère, qui ne font rien, a-t-il précisé, pour remettre
leur économie en ordre. Un exemple : la politique agricole commune de la
CEE, par ses subventions à l’agriculture européenne, prive le Tiers-Monde
de débouchés.
M. Alfonsin a parlé à plusieurs reprises d’une impossibilité de développement tant qu’il n’y aurait pas de solution durable au problème de la dette. "Pendant combien de temps, a-t-il demandé, devrons-nous réduire des
budgets comme ceux de la santé, de l’éducation, des transports ?"
Qui paie ? Les pauvres
Mme Béatrice Whele, chercheuse argentine à l’Université catholique de
Louvain-la-Neuve, a ensuite essayé de montrer sur qui pèse réellement le
poids de la dette. Ce ne sont pas les familles privilégiées qui en
souffrent, a-t-elle observé, mais les masses populaires.
Béatrice Whele met en cause des politiques monétaristes, qui accentuent
les inégalités entre riches et pauvres. Ce sont ces derniers qui voient
leur seul revenu - le salaire - réduit, alors que les prix augmentent et
que le chômage s’étend. Ce sont eux qui souffrent des restrictions en
matière de santé et de logement.
"Une telle situation ouvre la porte a des tentations autoritaires, toujours latentes dans le pays", a encore remarqué Mme Whele, et de conclure :
après les disparitions nombreuses sous la dictature, les pauvres sont aujourd’hui les "disparus des plans d’ajustement du FMI". (apic/cip/bd)