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    Bruxelles: Human Rights Watch dénonce le système de l’ONU pour les réfugiés

    "Les pays occidentaux fragilisent leur propre système"

    Bruxelles, 12 décembre 2000 (APIC) Les pays d’Occident qui ont créé le système international de protection des réfugiés il y a 50 ans sont aujourd’hui les premiers à fragiliser ce système. C’est ce qu’a dénoncé le 12 décembre depuis Bruxelles l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW), à l’occasion du 50e anniversaire du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR).

    Parmi les politiques d’Europe occidentale qui entravent les droits des réfugiés, HRW cite notamment l’exigence de visas pour les ressortissants de pays dont proviennent nombre de réfugiés et l’imposition de fortes amendes aux compagnies aériennes qui transporteraient des demandeurs d’asile sans titres de transport valables. D’autres pratiques sont également remises en question par l’organisation de défense des droits de l’homme, comme la mise en place de délégués européens à l’immigration dans les pays étrangers, le renvoi des responsabilités d’accueil des réfugiés vers les pays voisins d’Europe centrale, où les réfugiés risquent davantage un retour forcé dans leur pays d’origine, ainsi que le refus du statut de réfugié aux personnes qui ont fui une persécution non due à des agents de l’Etat (comme en Algérie) ou qui ont fui une situation de conflit civil généralisé comme en Colombie.

    Cinquante ans après la création du HCR, Human Rights Watch estime que la politique actuelle à l’égard des réfugiés est un retour en arrière. L’organisation note sur un ton scandalisé que des gouvernements comme l’Autriche et plus récemment la Grande-Bretagne sont allés jusqu’à proposer une de la Convention de Genève qui protège les Réfugiés depuis 1951.

    Hostilité et xénophobie en Europe

    "Le débat sur l’asile en Europe intervient dans un contexte de plus en plus hostile et xénophobe, commente Rachael Reilly au nom de HRW. Les gouvernements européens semblent plus soucieux de se protéger que d’assurer une protection aux réfugiés. Ils offrent ainsi un exemple négatif à d’autres pays, surtout dans le Tiers-Monde, où l’on continue d’accueillir la grande majorité des réfugiés du monde".

    Du HCR, Human Rights Watch attend aujourd’hui, une réaction plus cohérente et plus efficace au problème croissant des personnes déplacées dans leur pays, pour autant que soit préservé le droit de chacun de quitter sa terre d’origine pour chercher asile ailleurs. Des mesures spécifiques sont demandées pour les femmes, pour les enfants, pour les réfugiés des villes, pour les personnes apatrides et pour quiconque nécessite une protection spéciale. Enfin, Human Rights Watch rappelle au HCR la nécessité d’assurer la protection du personnel des organisations d’aide humanitaire auprès des réfugiés. (apic/cip/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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