aux insinuations du ministre des Affaires Etrangères du Burundi
Bruxelles, 2 septembre 1988 (apic/cip) Les propos tenus jeudi 1er septembre
à Bruxelles par le ministre des Affaires Etrangères du Burundi, pour tenter
d’expliquer les affrontements violents de ces dernières semaines entre Tutsis et Hutus dans son pays, ne sont pas passés inaperçus dans la communauté
catholique de Belgique. Ce dernier avait en effet déclaré: "les gens qui
vont à l’église, dans votre pays, donnent de l’argent au profit du Burundi.
Là-bas, cet argent sert à tuer"
Les insinuations de M. Cyprien Mbonimpa, venu à Bruxelles pour y rencontrer son homologue Belge aux Relations exterieures, M. Leo Tindemans, ont
suscité dès le lendemain une réaction de "Entraide et Fraternité". Cette
organisation catholique est mandatée par les évêques de Belgique pour organiser la campagne de carême de partage en Wallonie et à Bruxelles.
"Entraide et Fraternité" signale que, depuis des années, elle ne soutient plus aucun projet de développement au Burundi ni de projet en faveur
de refugié de ce pays. "Il en sera ainsi, ajoute-t-on au siège de cette organisation catholique, tant qu’il sera impossible de savoir à qui profite
vraiment l’aide au développement au Burundi".
Par contre, "Entraide et Fraternité" se demande "si les aides officielles émanant de divers pays du nord de l’hémisphère n’ont pas servi à soutenir un régime, à travers lequel une minorité a, jusqu’ici, maintenu la majorité de la population dans l’oppression.’’
De son côté, ’’Broederlijk Delen’’, l’homologue flamande de "Entraide et
Fraternité", recuse elle aussi les insinuations du ministre du Burundi. Interrogé à Bruxelles, un responsable de "Broederlijk Delen" confirme, il est
vrai, que son organisation catholique continue, pour sa part, à soutenir
certains projets au Burundi. "Mais, précise en toute sérénité ce responsable, je puis vous certifier que nous savons ou va l’argent que nous envoyons là-bas et qu’il ne sert absolument pas à tuer, au contraire. Les
projets que nous soutenons au Burundi le sont dans le cadre de l’église
catholique de ce pays", a-t-il déclaré avant d’affirmer : il n’y a pas de
discrimination entre l’aide que nous apportons à des projets dirigés ou
animés sur place par des Tutsis et l’aide que nous apportons à des projets
plutôt gérés par des Hutus". (apic/cip/bd)