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    Zaïre au lendemain des événements sanglants témoignent

    Bruxelles: deux missionnaires belges expulsés du (240292)

    Répression pour torpiller la Conférence Nationale

    Bruxelles, 24 février(APIC) Oui la "marche de l’espoir" tragiquement répprimée était organisée à l’initiative des laïcs. Non elle ne visait pas à

    faire une manifestation, mais bien une "marche de prière", oui la répression vise à torpiller la Conférence Nationale, ont témoigné en fin de semaine à Bruxelles le Père Léonard Heyse et le Frère Bernard Kips, deux missionnaires belges expulsés du Zaïre au lendemain des événements sanglants

    du 16 février. Des événements qui ont coûté la vie à une cinquantaine de

    fidèles (17 selon le bilan officiel) et fait une centaine de blessés selon

    les milieux de l’Eglise.

    Au cours d’une conférence de presse, les deux missionnaires belges ont

    mis l’accent sur le fait que la "marche de l’espoir" organisée à Kinshasa

    était une "initiative des laïcs, donc des chrétiens ordinaires". Le but

    n’était pas de faire une "manifestation", mais bien une "marche de prière"

    en prolongement direct de l’eucharistie célébrée dans plusieurs paroisses.

    "L’objectif n’était nullement de provoquer les autorités". Il est significatif, à cet égard, que l’initiative ne soit pas partie des évêques, ni même des prêtres, ont-ils fait remarquer.

    Pourtant, des prêtres de paroisses et des missionnaires ont immédiatement décidé de participer... "Ils l’ont fait pour deux raisons. D’abord et

    avant tout pour veiller au caractère pacifique et non provoquant des groupes de marcheurs. Ils étaient d’ailleurs nombreux à défiler en soutane. La

    seconde raison de leur participation est qu’ils voulaient manifester leur

    appui à cette initiative des chrétiens et leur solidarité avec eux. Les

    gens ont fait ce jour-là ce que nous leur avons si souvent recommandé: surmonter leurs craintes. A partir du moment où ils se sont engagés dans cette

    action, nous ne pouvions pas les laisser tomber!"

    La Conférence Nationale visée

    La répression de la manifestation du 16 février a été brutale. Y a-t-il

    eu un ordre d’en haut? "Vraisemblablement pas". Le Père Heyse et le Frère

    Kips précisent qu’ils n’ont vu personnellement aucun cadavre. "Certes, les

    militaires ont tiré en l’air à plusieurs reprises et sont intervenus assez

    brutalement. Mais là où nous étions, ils n’ont jamais tiré sur la foule".

    Les deux missionnaires ont néanmoins la "nette impression" que "le pouvoir

    à Kinshasa ne veut plus entendre parler de la Conférence Nationale, la revendication principale de l’opposition et de l’Eglise. Ce qui donne à penser que les militaires ont peut-être reçu l’ordre de disperser les manifestations à tout prix".

    Les missionnaires ont-ils eu l’impression qu’on visait surtout les prêtres européens et les missionnaires? "On a naturellement arrêté bien plus

    de Noirs que de Blancs. Cependant, nous avons l’impression que l’on avait

    très mal pris le fait que nous prenions part à cette marche. A plusieurs

    reprises, lors des interrogatoires subis en prison, on nous a fait comprendre, sur un ton de reproche, que les Blancs ne peuvent plus s’occuper de

    politique au Zaïre". "Ca ne vous regarde pas", nous a-t-on dit. On nous a

    fait remarquer que "Le Zaïre est désormais libre et indépendant". Le pays

    ne supporte plus "que des Belges se mêlent de ses affaires. A l’adresse des

    prêtres blancs, ceci à naturellement deux fois plus de poids: "Ils ne peuvent en aucun cas se mêler de politique".

    A la grande surprise de certains journalistes, les deux missionnaires se

    sont montrés particulièrement bienveillants à l’égard de l’archevêque de

    Kinshasa, le cardinal Frédéric Etsou, à qui d’aucuns ont reproché d’être

    trop favorable au maréchal Mobutu. "Le fait est que le cardinal est venu

    nous voir deux fois en prison, le lendemain de notre arrestation et le surlendemain. C’est le seul qui a pu nous rencontrer dans notre cellule. Il a

    également veillé à ce que les prêtres soient rapidement remis en liberté.

    Parfois, il est vrai, le cardinal est trop prudent. Il craint surtout l’effusion de sang. Il redoute une confrontation qui provoquerait un bain de

    sang". (apic/cip/pr)

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