Bruxelles , 1er septembre (APIC/CIP) C’est deux exposés largement contradictoires sur la situation des Droits de l’Homme au Zaïre qui ont occupé
les participants de la session internationale de l’Université de paix à
Bruxelles le 31 août.
Pour sa part, le nouvel ambassadeur du Zaïre à Bruxelles, Kabala Kiseke
Seka, a eu recours à l’histoire ancienne pour expliquer l’endettement de
son pays. Partant des civilisations égyptiennes et du croissant fertile,
s’arrêtant à la colonisation et à la traite des noirs, il a montré que
l’économie des pays d’Afrique, parce qu’elle est essentiellement tournée
vers l’extérieur, les oblige à emprunter. En même temps, l’ordre économique
mondial prive ces mêmes pays des moyens de rembourser leur dette.
"Le FMI nous étrangle"
Abordant de temps à autre le cas particulier du Zaïre, l’ambassadeur a
insisté sur l’endettement issu de la colonisation, que son pays a pris en
charge. "Nous avons remboursé fidèlement jusqu’en 1983, mais depuis lors,
il y a des difficultés. Et le Fonds monétaire international (FMI) nous
étrangle avec ses plans d’ajustement destinés, en principe, à nous aider à
en sortir".
M. Kabala Kiseke Seka a terminé son long exposé en parlant des Droits de
l’homme en Europe, puis au Zaïre : "C’est un problème de toute l’humanité,
et pas d’un pays en particulier. Et le pire, c’est de l’envisager dans un
pays avec les critères d’un observateur étranger."
L’ambassadeur a enfin tenu à justifier l’existence d’un parti unique
dans son pays. "Sans pouvoir monolithique, les divergences débouchent sur
la guerre civile, a-t-il affirmé. D’ailleurs, pourquoi le fait d’avoir deux
partis serait-il plus démocratique qu’un parti unique ?"
Des réformes "inefficaces"
Alors que de nombreux participants à la session trouvaient que l’ambassadeur avait "noyé le poisson" dans un exposé trop ample, un autre Zaïrois,
M. Mbaya, professeur à l’Université de Cologne (RFA), a durement critiqué
le régime du Zaïre et son président.
Selon M. Mbaya, le discours zaïrois sur "l’authenticité" que l’on tient
à Kinshasa est une manière de "voiler les conditions économiques et sociales pour maintenir le statu quo politique". Le système politique en vigueur
au Zaïre aboutit à maintenir le pays dans un statut de semi-colonie, dont
les classes dirigeantes tirent profit. Quant aux réformes, "jamais un pays
n’en a opéré d’aussi nombreuses, aussi inutiles qu’inefficaces".
Le professeur Mbaya a conclu en rappelant que l’endettement d’un pays
dépend largement du contexte international, mais que le respect des droits
économiques, sociaux et culturels des gens est aussi tributaire des efforts
internes des Etats concernés. (apic/cip/bd)