Bruxelles : clôture de la session de l’Université de Paix (040988)
Bruxelles, 4septembre(APIC) durant quatre jours les participants à la
session internationale de l’Université de Paix ont étudié les obstacles à
la démocratie et au respect des Droits de l’Homme. les deux derniers jours
ont été consacrés à la recherche de solutions aux problèmes de démocratie
que l’endettement entraîne.
Le Père Juan Vives, de l’organisation vénézuélienne FUNDALATIN, a insisté sur l’aspect éthique de l’endettement. "Les peuples qui oublient leur
histoire la répètent, a-t-il déclaré. Nous avons été victimes de la colonisation. Nous ne pouvons pas l’oublier, sous peine de nous laisser coloniser
à nouveau par l’endettement".
Remettre la dette en 1992 ?
Le Père vives a présenté un montage audiovisuel déjà largement utilisé
en Amérique latine : "La dette extérieure à la lumière de la théologie de
la Libération". Celui-ci fait clairement ressortir que leur dette principale, les gouvernements endettés l’ont envers leur peuple, non envers leurs
créanciers économiques. si certains programmes de développement financés
par les crédits ont bénéficié à la population, la part principale de la
dette a contribué à endurcir le chemin de croix vécu par les plus pauvres.
Le montage se termine par un appel à l’Eglise d’Amérique latine pour
qu’elle proclame l’année 1992, 500ème anniversaire de la colonisation, "année de grâce". comme dans l’Ancien Testament, une telle "année de grâce"
impliquerait la remise des dettes.
La pauvreté : un problème de société
C’est ensuite Jean Tonglet, secrétaire général d’Aide à Toute Détresse
Belgique, qui a rappelé que la pauvreté dans les pays du Nord ne se résume
pas à un problème de "cas sociaux" individuels en marge de la société : elle est un problème de société. Les solutions d’urgence, réapparues depuis
l’hiver 1984-1985, ne changent rien de façon durable. J. Tonglet a cependant noté un certain progrès dans la perception de la pauvreté : des instances officielles commencent à y voir un problème de société."Encore convient-il de passer à des mesures concrètes aboutissant nécessairement à ce
que tous les citoyens puissent exercer tous leurs droits. Sinon, ajoute-til, "à force de n’accorder que des minima (électricité, eau,...), on en arrivera à créer des mini-citoyens".
La force de l’information
Gérard de Sélys, journaliste à la RTBF, a insisté de son côté sur le
poids de l’information : "C’est chez moi, dans mon pays, avec ma culture,
que j’ai décidé de lutter pour aider le Tiers-Monde".
L’information a du poids : la campagne de presse sur l’Afrique poubelle
de l’Europe a abouti à une prise de conscience, puis à la dénonciation de
contrats. Ce même thème a fait l’objet ces jours-ci d’un examen dans une
école de journalisme, alors qu’on n’en parlait pas il y a huit mois.
"Je suis convaincu de la force de la bonne information et de la pression
morale sur les gouvernements, tant du Nord que du Sud, a dit G. de Sélys.
En conclusion il a lancé un appel à la création d’une association de journalistes du Nord et du Sud afin de faire circuler l’information dans la
profession et dans le public.
La dette est illégitime
Jean-Louis Fauchet, de l’Association Belge des Juristes Démocrates, a
montré qu’il est possible de trouver, dans le droit international, des arguments en faveur du refus de la dette. "Le droit international est souvent
le droit des grandes puissances. Mais on peut douter, par exemple, de la
légitimité de l’endettement souscrit par des gouvernements, en regard du
droit des peuples à disposer d’eux-mêmes".
L’orateur a conclu en affirmant l’illégitimité de la dette, et donc de
toutes les modalités de paiement. Il a terminé sur un ton plus proche de
l’exhortation que de l’analyse, qui a suscité l’enthousiasme des participants, mais aussi des questions sur l’utilité concrète de ce genre de discours. (apic/cip/cor)