Bruxelles: clôture de la 6e rencontre (150992)
Un engagement pour une nouvelle solidarité entre les peuples
Bruxelles, 15septembre(APIC) Quelque 2’000 personnes réunies avec les 350
responsables des grandes religions, ont participé mardi à la séance de clôture de la 6e rencontre Bruxelles: clôture de la 6e rencontre (150992), qui
s’est ouverte dimanche à Bruxelles. Messages de solidarité du patriarche
oecuménique de Constantinople, Mgr Bartholomée Ier, de l’exarque orthodoxe
de Biélorussie, Mgr Philarète, et premiers bilans de 3 jours de travail,
tirés par le cardinal Carlo Maria Martini, président du Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE), le cardinal Godfried Danneels ainsi
que par plusieurs autres leaders religieux présents en Belgique, ont constitué le menu de cette ultime journée de rencontre qui s’est achevée dans
la soirée par une marche et la proclamation solennelle de l’appel pour la
Paix 1992 ainsi que par la lecture d’un message de Jean Paul II.
"Ils se sont parlés en toute liberté, et dans le respect de leurs traditions respectives", a déclaré le cardinal Danneels à propos des discussions
menées par les responsables des grandes religions, lors d’une conférence de
presse donnée mardi à Bruxelles, à l’issue de la séance de clôture de cette
6e rencontre. Pour l’archevêque de Malines-Bruxelles, "le maître-mot de la
rencontre a certainement été celui de la solidarité". "Il est capital, a-til dit en parlant de l’Europe, que les religions se donnent la main pour
que le vieux continent ne deviennent pas une île riche au milieu d’un océan
de misère". Et le cardinal d’ajouter: "Cette rencontre a manifesté une fois
de plus le rôle spécifique des religions".
Intensifier la collaboration entre toutes les religions
Le cardinal Martini, président du CCEE et archevêque de Milan, a pour sa
part dégagé, en séance plénière, les premières conclusions de ces trois
journées de rencontre. Pour lui, il est nécessaire d’intensifier la collaboration entre toutes les religions pour faire progresser la solidarité entre les peuples. Mgr Martini s’est en outre référé aux nombreuses pistes
suggérées ces dernières années lors d’importantes rencontres de responsables d’Eglises en Europe, en évoquant notamment trois valeurs fondamentales
empruntées à la déclaration finale du Synode des évêques pour l’Europe tenu
en automne 1991: "La dignité humaine, la subsidiarité - c’est-à-dire la reconnaissance des droits et compétences de chaque communauté -; la solidarité, ou l’équilibre entre les faibles et les forts".
L’appel à la paix
La journée du mardi s’est terminée par un rassemblement des 350 responsables religieux. En divers lieux de la capitale belge, pendant une heure,
ils ont prié pour la paix selon leurs traditions respectives, avant de se
retrouver à la cathédrale pour un office oecuménique, où a été proclamé
l’appel à la paix.
Dans leur appel, les responsables religieux disent s’être faits pèlerins
à Bruxelles, dans le coeur de l’Europe, poussés par "l’amour pour la paix,
par le désir de nous rencontrer, par le désir de prier celui qui est plus
grand que nous. Nous nous sommes inscrits dans un chemin de prière pour la
paix" qui est passé par Assise, Rome, Varsovie, Bari et Malte, les 5 premières rencontres.
"Les religions ne veulent pas la guerre, au contraire, elles enracinent
la paix profondément dans les coeurs", poursuit l’appel, avant de conclure:
"Nos différentes traditions religieuses tentent d’avoir une mission universelle. A Bruxelles, les uns à côté des autres, nous témoignons un destin
commun à tous, femmes et hommes. Dans cet esprit nous manifestons notre
préoccupation pour la situation tragique de certaines zones dans le monde,
où la guerre s’ajoute à la misère et à l’abandon. De Bruxelles, nous demandons au Nord du monde ne ne pas oublier le Sud. Nous demandons de construire, de réaliser un destin commun à tous les peuples du Nord et du Sud dans
la solidarité et la paix..."
Peu avant la proclamation de la déclaration de l’appel à la paix, le
cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, avait donné lecture d’un message du pape
Jean Paul II, message dans lequel le pape insiste sur le rôle des religions
au coeur de l’Europe. Une Europe qui a vu récemment s’ouvrir une nouvelle
ère de liberté, mais qui est aujourd’hui tourmentée par "des divisions exaspérées, par la résurgence de certains nationalismes, par la tentation du
repli sur soi, par un processus de développement qui fait de la concurrence la loi suprême". Une Europe une fois encore meurtrie "par le drame d’une
guerre absurde qui nous angoisse profondément".
Mais pour pouvoir se bâtir, a encore déclaré Jean Paul II, l’Europe doit
être capable de regarder au-delà de ses frontières, surtout vers "l’immense
hémisphère sud, devenu depuis des décennies le terrain où naissent les conflits les plus nombreux et où pèse l’injustice d’une manière qui n’est pas
supportable". Pour le pape, l’abîme social et économique qui sépare les
pays riches du Nord des pays pauvres du Sud doit être comblé si l’on ne
veut pas rendre impossible un nouvel ordre mondial. (apic/cip/pr)