Bruxelles: Audience publique (111191)
Bruxelles, 11novembre(APIC) Une audience publique sur l’euthanasie s’est
déroulée en fin de semaine dernière au Parlement européen. Le débat a
suscité de vives controverses autant chez les médecins que chez les
théologiens et les politiciens. En avril 1991, la Commission de la Santé
publique du Parlement européen a présenté un rapport dans lequel la
légalisation de l’euthanasie est envisagée sous certaines conditions. En
plus des experts médicaux, on a remarqué, lors de cette audience, la
présence de Mgr Elio Sgreccia, président du département de bioéthique de
l’université catholique du Sacré Coeur à Rome, qui a déclaré: "L’euthanasie
est un délit contre la vie, on n’a pas la faculté de donner la mort". Ce
débat sera repris au printemps 1992 devant l’Assemblée plénière du
Parlement européen, à Strasbourg.
Un des neuf points du projet de résolution envisage l’euthanasie en
l’absence de toute thérapeutique curative et après échec des soins
palliatifs correctement conduits tant sur le plan psychologique que médical
mais à condition que le malade pleinement conscient le demande et qu’un
collège de médecins constate l’impossibilité d’apporter de nouveaux soins
spécifiques.
Pour le Professeur français Léon Schwartzenberg, député au Parlement
européen et auteur du rapport: "Il faut dépénaliser le fait que le médecin
abrège les souffrances du malade". "C’est une véritable révolution dans la
médecine que nous provoquons". "Concrètement cela confortera le malade dans
son droit à avoir connaissance de son dossier médical. Il n’y aura plus de
clivage entre lui qui ne sait rien et le médecin qui sait tout. Cela
changera les rapports entre les malades et les infirmières qui savent tout
mais ne peuvent rien dire, alors que ce sont elles qui voient le plus les
malades." Selon le professeur, ce débat est une bonne chose car il permet
de lever la chape de plomb qui entoure les malades en fin de vie.
Mgr Sgreccia est par contre résolu à se battre contre cet article car
"l’euthanasie est un délit contre la vie. On n’a pas la faculté de donner
la mort. Pas question de légaliser l’euthanasie dans la théologie".
Prise de position des épiscopats de la CE
La Commission des épiscopats de la Communauté européenne avait déjà
exprimé au mois de juin "sa vive préoccupation face aux perspectives
d’euthanasie active que propose ce texte." "Il est bien connu que dans des
moments de grande détresse et de grande douleur, la liberté du sujet n’est
pas entière et sa décision est souvent ambivalente ... et plus ou moins
fortement subordonnée à l’entourage". Les évèques rappellent la conception
chrétienne de la vie comme don de Dieu depuis son origine (la conception)
jusqu’à sa fin (la mort). "Aucune autorité médicale, sociale, juridique ou
politique ne peut y porter atteinte". L’assistance aux mourants demande non
seulement l’indispensable soulagement de la souffrance, mais aussi ce
respect que procure une présence constante et aimante au malade. Et les
évêques de poser la question: "Notre société serait-elle si pauvre en
humanité au point de ne pouvoir offrir à certains mourants que
l’euthanasie, alors que le développement organisé des soins palliatifs
constitue une des voies les plus authentiques pour la reconnaissance
effective de la dignité du mourant?".
Les Canadiens sont également préoccupés par le problème de l’euthanasie.
D’après un sondage de l’institut Gallup publié jeudi 7 novembre, dans
plusieurs journaux, les trois quarts des personnes interrogées sont
favorables à une législation qui permettrait aux médécins de mettre fin à
la vie d’un malade incurable sur sa demande. 17% refusent l’euthanasie, et
8% ne se prononcent pas.(apic/cip/kna/mp)