Bruxelles, 25septembre(APIC) Les catholiques belges veulent redécouvrir
pour eux un objectif à l’aube de la nouvelle année pastorale, présentée le
23 septembre à Bruxelles par le cardinal Godfried Danneels. Un thème pour y
parvenir: "Le dimanche, un temps pour Dieu, un temps pour l’homme". Et des
moyens pour animer cette année à venir, sous forme de documents et d’un
ouvrage, notamment. L’objectif, insiste le cardinal Danneels, n’est pas
seulement de redécouvrir l’eucharistie, mais de revaloriser un temps qui se
trouve "à la croisée des dimensions verticales et horizontales de l’homme".
L’initiative des évêques s’inscrit dans leurs efforts pour contribuer à
une "nouvelle évangélisation". Après la publication de leur "livre de la
foi" en 1987, puis une année consacrée à "la famille" en 1988-89, une autre
centrée sur le Père Damien, l’apôtre des lépreux, ils ont décidé de se pencher sur un phénomène typique de la société actuelle, où le "week-end" a
pris le relais et parfois complètement supplanté la réalité du dimanche.
L’enjeu déborde largement la pratique liturgique dominicale, explique le
cardinal Danneels, pour qui "le dimanche est un facteur de santé et de justice sociale, un atout pour la famille, une chance pour la vie associative. Le jour du Seigneur, par excellence, est indissociable d’un véritable
temps pour l’homme".
"Même si c’est important, nous ne plaidons pas d’abord la cause du dimanche d’un point de vue chrétien, précise-t-il. Car le dimanche mérite
d’être approché d’abord comme réalité sociologique. Or, on constate que le
jour de repos hebdomadaire, qui assure une alternance bénéfique par rapport
aux jours de travail, est actuellement soumis à la pression, voire à la tyrannie des exigences économiques. Se trouve ainsi menacé un acquis primordial de la législation sociale: bien avant le dimanche chrétien, le sabbat juif s’accompagnait déjà, conformément à la Bible, d’un repos obligatoire pour tous, y compris pour les domestiques, les ânes et les boeufs...!
Le dimanche n’est donc pas seulement une affaire chrétienne: c’est un facteur de santé publique, de cohésion et de justice sociale".
Aller au-delà de l’image du dimanche familial
Un deuxième angle de revalorisation du dimanche est l’angle familial:
"Le dimanche pour l’apprentissage de la convivialité de la famille". Le
cardinal Danneels invite à ne pas idéaliser l’espace familial: "Beaucoup de
familles d’aujourd’hui sont éclatées. Pour certaines, le dimanche entraîne
des situations conflictuelles". Et de citer les disputes possibles à propos
des enfants dont on réclame ou on conteste le tour de garde... "Le dimanche
peut aussi être un jour de solitude. Le dimanche qui devrait être un jour
de rapprochement peut devenir un jour de confrontation et d’épreuve. Raison
de plus pour aller au-delà".