Batislava, 27mars(APIC) Malgré l’interdiction décrétée pas les autorités
locales de Bratislava et les nombreux obstacles et arrestations préventives, quelque 2’000 personnes se sont tout de même rassemblées vendredi soir
sur la place Hviezdoslav, au coeur de la capitale slovaque, pour manifester
en faveur de la liberté religieuse en Tchécoslovaquie. La manifestation a
été brutalement dispersée et près de 200 personnes arrêtées.
Plusieurs milliers de personnes ont chanté l’hymne national et de l’hymne pontifical et entamé le rosaire avant d’être brutalement dispersées à
coup de lance à incendie et de matraque par l’imposant dispositif de sécurité. Des agents en civil et en uniforme ont arrêté près de 200 personnes,
dont les équipes de la TV autrichienne ORF et allemande ARD. Les journalistes étrangers ont été relâchés plusieurs heures après les incidents.
Tension à Bratislava : des agents provocateurs dans la foule
Dès avant la manifestation de 18H, la tension était grande dans les rues
de la capitale slovaque. Les patrouilles de police étaient omniprésentes,
des autobus étaient arrêtés et leurs passagers fouillés. Les accès à la
Place Hviezdoslav ont été fermés dès 17H. Avant même le commencement de la
manifestation interdite, de nombreux camions de l’édilité sirènes hurlantes
et feux clignotants ont été envoyés dans l’intention évidente d’effrayer la
foule. Bien qu’il pleuvait à verse, des camions-citernes arrosaient les
rues et éclaboussaient les passants. Des "agents provocateurs", selon certains témoins, qui donnaient l’impression d’être îvres, ont attaqué des
voitures de police, mais également bousculé des personnes âgées priant un
cierge à la main.
A 18H20, après deux ordres de dispersion lancés par haut-parleur, des
policiers accompagnés de chiens ainsi que des unités anti-émeute et des camions armés de canon à eau ont dispersé la foule pacifique. La police a affirmé lors de l’interrogatoire de personnes arrêtées qu’elles pouvaient
"faire ce qu’elles voulaient dans les églises, mais pas dans la rue". "La
prochaine, on vous écrasera", a déclaré un milicien.
Les médias slovaques ont dénoncé samedi cet "abus de la religion" qui
allait faire du tort à l’"entente entre l’Eglise et l’Etat". Ils ont également relevé que ce "cléricalisme politique" pourrait également être dommageable aux négociations en cours entre le Saint-Siège et les autorités
tchécoslovaques (qui portent notamment sur la nomination d’évêques à la
tête de dix diocèses sur 13 restés vacants, une revendication également des
manifestants). Les catholiques slovaques ont encore dénoncé les "manoeuvres
de diversion" de la radio slovaque qui a prétendu que cette manifestation
n’était pas autorisée par les ordinaires des diocèses et que les autorités
ont agi à leur demande. (apic/kpr/be)