Brésil: violence policière dénoncée (030192)
Sao Paulo, 3janvier(APIC) La répression de la Police militaire de Sao
Paulo a été dénoncée par les participants de la rencontre régionale Sud I
du Mouvement national des droits de l’homme, réunis dernièrement à Cajamar,
dans l’Etat de Sao Paulo. Durant la seule année de 1991, un "triste record"
été établi: 1’016 citoyens ont été tués par la Police militaire.
Le MNDH manifeste sa perplexité devant la recrudescence de la répression
policière. Certes, le Mouvement des droits de l’homme au Brésil reconnaît
que la violence et la criminalité à Sao Paulo prennent d’énormes proportions, comme dans les autres grandes villes du monde, mais "rejette en même
temps la répression aveugle comme réponse adéquate de l’Etat à la violence
ambiante". Ce record de 1’016 personnes tuées par la police militaire est
en contradiction avec le processus démocratique en cours dans le pays. Il
n’est pas non plus en harmonie avec les événements internationaux qui dessinent une nouvelle vision du monde. La démocratie est en effet réaffirmée
comme valeur universelle et le respect des droits individuels et collectifs
sont considérés comme une conquête de toute l’humanité.
"Si nous ne nous sommes pas tus devant la répression lors de la période
de la dictature, nous n’allons pas non plus rester muets devant les excès
de la police d’aujourd’hui. Il n’y a pas de démocratie sans respect de la
vie. Il n’y aura pas de démocratie sans que l’on démocratise les institutions qui portent encore dans leurs structures la marque de l’arbitraire",
insistent les participants.
Durant la rencontre, les Centres de défense de l’Enfant et de l’Adolescent des régions de Belém, Santana et Sao Miguel Paulista, se sont affiliées au MNDH. José Queiroz, professeur à l’Université Pontificale catholique
de Sao Paulo, était l’un des principaux invités à la rencontre. Selon Wilson Santos Pereira, membre de la direction régionale du MNDH, grâce aux interventions du professeur Queiroz, les participants à la rencontre ont pu
étudier avec attention deux lieux sensibles où les droits de l’homme sont
bafoués: "l’extermination des enfants dans les rues des grandes cités ainsi
que l’abandon et le désarroi des personnes âgées."
La rencontre a aussi permis de désigner les 25 personnes qui représenteront l’Etat de Sao Paulo au 8e Congrès national des droits de l’homme qui
aura lieu du 26 au 31 janvier prochains à Brasilia. (apic/agen/ba)