Bresil: situation de plus en plus tendue dans le diocèse de Recife(151289)
La Municipalité de la ville demande son retrait
Recife, 15décembre(APIC) La municipalité de Recife, dans le Nordeste brésilien, vient de demander le "repudio" (retrait) de l’archevêque de Recife,
Mgr Cardoso Sobrinho, à la suite de récentes décisions prises par le successeur de Dom Helder Camara. Depuis plusieurs jours, la contestation populaire s’amplifait dans ce diocèse. Des slogans hostiles à Mgr José Cardoso
Sobrinho, réclamant notamment son départ, avaient fait leur apparition un
peu partout sur les murs. Tandis que circulaient des voitures radio diffusant des messages de protestation à la suite de nouvelles décisions contestées par de nombreux fidèles catholiques.
Plusieurs faits récents ont contribué à aggraver un malaise qui s’est
installé dès l’arrivée de Mgr Cardoso, en avril 1985, sur le siège occupé
par Dom Helder Camara. Il y a quelques jours, un certain nombre de prêtres
engagés dans le monde populaire ont reçu une lettre leur donnant 72 heures
pour quitter le diocèse, sous peine de suspension. Le plus connu est le Père Reginaldo Veloso, chargé de coordonner la pastorale en monde populaire à
Recife.
Le Père Veloso avait déjà fait l’objet d’admonestation et avait été actif dans les protestations qui se sont élevées à la suite des déclarations
et décisions de l’archevêque, par exemple, lorsque ce dernier est entré en
conflit avec la commission locale de "Justice et Paix", lors de la suppression de la commission de pastorale rurale de l’ensemble des 29 diocèses de
la région, ou encore lorsque Mgr Cardoso avait fait appel à la police pour
faire expulser de l’archevêché une délégation de paysans qui demandaient à
le rencontrer. D’autres prêtres, parmi lesquels le Français Philippe Melet
et le Père Aloisio Fragoso, franciscain, ont reçu une lettre similaire, cependant que 57 prêtres signaient une lettre exprimant leur solidarité avec
les prêtres visés par la décision de Mgr Cardoso.
Par ailleurs, une grande manifestation contre Mgr Cardoso s’est déroulée
jeudi à Recife. Elle a réuni les organisations populaires et les comités de
quartier, notamment, qui entendaient protester contre ces mesures.
Une pratique qui semble devenir une règle
L’archevêque de Recife a par ailleurs annoncé, le 7 décembre, la dissolution de la commission diocésaine "Justice et Paix". Après avoir pourtant
promis de rencontrer ses représentants la veille, Mgr Cardoso s’est ensuite
abstenu. Une pratique qui semble être devenue la règle, dit-on à Recife,
l’archevêque refusant systématiquement de recevoir ceux qui demandent à le
rencontrer. Les membres de "Justice et Paix" sont désormais interdits de
tout travail pastoral dans le diocèse.
Il convient en outre de relever que Mgr Cardoso a décidé de fermer définitivement l’Institut Théologique de Recife (ITER), alors qu’il avait été
prévu qu’un noyau réduit de professeurs pourraient continuer à y assurer un
travail de formation avec certains laïcs.
Connu comme un prélat conservateur, Mgr Cardoso était évêque du petit
diocèse de Paracatu (Brasilia) quand il a été appelé à succéder à Dom Helder Camara. Auparavant, il avait reçu toute sa formation à Rome, où il
avait travaillé à la Signature Apostolique. Un homme très soucieux de légalisme, mais dont la première décision avait consisté à créer un nouveau séminaire, sous prétexte que la formation dispensée dans les deux institutions créées par Dom Helder Camara n’était pas adéquate. (apic/cip/pr)