Brésil: que faire après la destitution du président Collor? (171292)
Rio de Janeiro, 17décembre(APIC) Le président de la Conférence nationale
des évêques du Brésil (CNBB), Mgr Luciano Mendes de Almeida, a participé
mardi au lancement de la campagne "E agora Brasil?" ("Et maintenant Brésil?)". Après la destitution du président Fernando Collor, le mouvement
"Pour une éthique en politique" lance cette campagne à l’Université fédérale de Rio de Janeiro. Outre le président de la CNBB, le président de l’Ordre des avocats, Marcelo Lavenere, le sociologue Herbert de Souza, président d’honneur de l’Association brésilienne des Organisations non gouvernementales ONG et le recteur de l’Université de Brasilia font partie de la
direction de ce nouveau mouvement.
Ces dirigeants ne veulent pas perdre l’élan donné pour un changement en
profondeur de la vie politique au Brésil. Car selon eux, si l’immense participation populaire en faveur de la destitution du président Collor a été
un grand moment civique, tout le monde est bien conscient qu’il ne suffit
pas à modifier le cours politique et social du pays.
Destitution définitive du président Collor
Le mouvement "Pour une éthique en politique" a eu un grand écho sur le
plan national du fait qu’il a mobilisé la population et les parlementaires
du Congrès national pour le procès d’"impeachment" du président Collor. Le
Sénat fédéral, d’après la Constitution du pays, votera le 22 décembre
l’éloignement définitif du président déchu. Durant 8 ans, il ne pourra plus
accepter aucune charge publique. Les mouvements et organisations qui ont
lancé la campagne aboutissant à la destitution de Collor ont décidé d’assumer un nouvel objectif, d’où la question posée: "E agora Brasil?".
Au début de la campagne contre la corruption du président, Herbert de
Souza, a rappelé que le pays était déjà générateur de "beaucoup de pauvreté
et de peu de bonheur". Pour lui, "le moment est venu de commencer à résoudre cette réalité implacable: le tiers de la population brésilienne se
trouve dans la misère absolue".
Participation de l’Eglise
Divers projets que l’Eglise catholique est en train de mettre sur pied
démontrent que des chrétiens poursuivent déjà les objectifs du mouvement "E
agora Brasil?". Concrètement toute l’Eglise durant le prochain carême 93, à
travers "La Campagne de la Fraternité" ( correspondant à la Campagne de
l’Action de Carême des catholiques suisses), traitera du thème de l’habitat, souvent précaire, des Brésiliens. Le futur du pays sera également étudié durant la 2e Semaine Sociale, promue par le secteur de pastorale de la
CNBB traitera en juin prochain du thème suivant: "Le Brésil que nous voulons: les alternatives possibles et les protagonistes de notre histoire".
(apic/em/ba)