Brésil : prochaine inspection des séminaires brésiliens (070388)
Lucerne, 7mars(APIC) Ces prochaines semaines, sur demande de la Congrégation vaticane pour l’éducation catholique, sera organisée une visite des
séminaires brésiliens. Mais l’Eglise catholique au Brésil a pu obtenir que
les visiteurs soient des ecclésiastiques vivant au Brésil et non des envoyés de Rome. C’est ce qu’a révélé à l’agence APIC Mgr Adriano Hypolito,
évêque de Nova Iguaçu, près de Rio de Janeiro, actuellement en Suisse à
l’invitation de l’Action de Carême.
C’est que les séminaires brésiliens ne sont pas toujours bien vus par
certains responsables romains : ainsi, le cardinal Agnelo Rossi, ancien archevêque de Sao Paulo, ancien préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et président de l’Administration du patrimoine du siège
apostolique à Rome, dans un document daté du 19 mars 1985, mais rendu
public le 28 avril suivant, avait dénoncé "la décadence de la théologie,
dépréciée en sociologie et en politique, le vide de spiritualité, la militance sociale et politique, les angoisses des futurs prêtres manifestées
agressivement au cours de leur formation et jusque sur leur faire-part
d’ordination, l’indisponibilité pour l’apostolat de la culture et des élites, le véritable lavage de cerveau des séminaristes (...) dans certains
séminaires ou communautés du Brésil (...) Que peut-on attendre de ces futurs et pauvres prêtres, simplement munis de cette ’théologie de la houe’
et qui n’ont même pas une exposition systématique et organique de notre
foi?". Ce point de vue du cardinal Rossi - qui présentait cette "décadence"
des séminaires comme étant le fruit de la théologie de la libération avait suscité, on s’en doute, la colère des évêques du Brésil.
Selon Mgr Hypolito, les différentes régions pastorales du Brésil doivent
présenter à la Congrégation pour l’éducation catholique deux noms de visiteurs possibles.Les visiteurs nommés par Rome seront choisis sur cette liste d’ecclésiastiques - brésiliens ou étrangers - au service de l’Eglise au
Brésil. La discussion porte actuellement pour savoir si les visiteurs proviendront des régions mêmes qu’ils doivent visiter ou d’autres régions. En
soi, estime l’évêque de Nova Iguaçu, ces visites sont justifiées, car il
faut une certaine unité dans la formation, mais pas comme dans le temps une
formation uniforme pour l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique. Une telle uniformité est très appauvrissante.
L’équilibre reste encore à trouver
J’ai moi-même été formé comme prêtre selon l’ancien modèle, comme si je
devais devenir professeur, pour l’élite évidemment. La pastorale n’entrait
pas en considération : il y avait la philosophie, la théologie, mais pas de
catéchèse, de contacts avec les gens. Nous étudions la doctrine sociale de
l’Eglise sans jamais avoir mis les pieds dans une "favela"! Maintenant,
toute la formation est orientée vers la pratique, la pastorale. Le samedi
et le dimanche, les séminaristes sont dans les paroisses. Mais c’est lourd
à porter pour ces jeunes. De mon temps, nous avions le samedi après-midi et
le dimanche libres. Pour le moment, nous n’avons pas encore trouvé de solutions satisfaisantes, nous devons encore trouver un équilibre, car les
séminaristes sont surchargés. D’autre part, les jeunes aiment bien le
travail en paroisses et laisseraient bien volontiers tomber quelques heures
d’études.
Pour Dom Adriano Hypolito, il se peut qu’il y ait théoriquement du moins
le danger d’interférences idéologiques et politiques, mais à son avis, les
études au séminaires ne devraient pas être teintées idéologiquement : l’idéologie est un "ersatz" de foi et quand Dieu est absent, c’est alors que
viennent tous les autres dieux... (apic/be)