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    Les paysans sans terre donnent l’exemple

    Brésil: Première Conférence nationale pour l’éducation dans les campagnes

    Brasilia, 7 août 1998 (APIC) L’éducation en milieu rural laisse encore beaucoup à désirer au Brésil. Notamment en raison de la politique gouvernementale qui donne la priorité à la création d’écoles d’un meilleur niveau en milieu urbain. Une mesure qui accroît d’ailleurs l’exode rural. C’est l’une des conclusions du document final de la Première Conférence nationale "Pour une éducation dans les campagnes" organisée conjointement par la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) et le Mouvement des paysans sans terre (MST).

    La Conférence s’est tenue fin juillet à Luzania (Etat de Goias) réunissant plus de 1’000 éducateurs ruraux brésiliens. Des responsables des organisations onusiennes de l’Education et de la science (UNESCO) et pour l’adolescence et l’enfance (UNICEF) ont également participé aux travaux.

    Selon Maria Dulce Borges, coordinatrice de l’UNESCO au Brésil, les organisations non-gouvernementales (ONG) sont en train d’occuper le "vide" laissé par le gouvernement brésilien dans l’éducation des enfants et des adolescents dans les campagnes. "La politique publique pour ce segment de la population est maigre, voire minimaliste", a-t-elle affirmé à l’issue de la rencontre. Et pourtant il n’y aura pas de solution pour vaincre l’analphabétisme rural sans une responsabilité accrue des dirigeants politiques à tous les niveaux, de l’Etat fédéral aux responsables communaux.

    Durant cette Première Conférence nationale, plusieurs participants ont fait état du succès du programme d’alphabétisation de jeunes et d’adultes entrepris dans les écoles installées dans les campements des paysans sans terre. On a loué également la formation de maîtres primaires dans ce même cadre. Le MST peut en effet se prévaloir de chiffres prometteurs: on compte dans les campements 1’100 écoles réunissant 70’000 élèves. 2’000 éducateurs de l’enseignement primaire et 500 moniteurs y travaillent dans le programme d’éducation pour jeunes et d’adultes. Cet "investissement éducationnel" a permis au MST de gagner en 1995 le Prix de l’éducation patronné par la Banque Itau et l’UNICEF.

    Selon l’UNESCO, le taux d’analphabétisme au Brésil atteint 16,7 % des jeunes de 15 ans. C’est l’un des pires des pays latino-américains. Le Brésil est certes très légèrement en- dessous du taux de la Bolivie (17%) mais se trouve très au-dessus de pays comme l’Uruguay et l’Argentine ( en dessous de 5%). (apic/plp/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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