Madrid/Bruxelles, 8novembre(APIC) Leonardo Boff est-il à nouveau dans le
collimateur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ? D’après "Ecclesia", un hebdomadaire de l’Eglise catholique espagnole, le théologien brésilien a reçu à la mi-octobre une nouvelle lettre du cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, annonçant une
nouvelle sanction. A dater du 1er janvier 1990, il ne pourra plus prêcher
ou donner des conférences, ni poursuivre son enseignement à la chaire de
théologie franciscaine à Petropolis. La raison invoquée par le cardinal
Ratzinger est son "attitude ambiguë", qui consiste à manifester d’un côté
sa disposition à obéir et, de l’autre, à rester "impertubable" dans ses positions.
Après son frère Clodovis, qui s’est vu retirer en 1984 sa permission
d’enseigner à l’Université de Rio de Janeiro, Leonardo Boff, religieux comme lui, s’est vu imposer en 1985 une année de silence, suite à la publication de son livre "Eglise : charisme et pouvoir". Mais en juin dernier
également, la question d’une nouvelle période de silence s’était posée.
Leonardo et Clodovis Boff avaient dû annuler une tournée qu’ils devaient
effectuer en Belgique du 8 au 17 décembre prochain sous prétexte que "de
récents développements au sein de l’Eglise brésilienne empêchent la tournée
projetée".
Nouveau secrétaire général à la CLAR
C’est dans la même intention d’éviter de "dangereuses déviations", signale "Ecclesia", que la Congrégation romaine pour les Instituts de vie
consacrée et les Sociétés de vie apostolique, que préside le cardinal belge
Jean Jérôme Hamer, a décidé de nommer le nmouveau secrétaire général de la
Confédération latino-américaine des Religieux (CLAR), sans tenir compte de
l’avis des religieux latino-américains. Une mesure exceptionnelle, affirme
la revue catholique espagnole, qui n’est prise que dans des cas d’une extrême gravité.
La décision du Vatican d’imposer le Père Jorge Jimenez comme nouveau
secrétaire général de la CLAR est due à la mise sur pied par les religieux
américains, suite à l’appel à la nouvelle évangélisation lancé par Jean
Paul II, d’un projet baptisé "Palabra-Vida" (Parole-Vie). Outre qu’il a été
rendu public sans l’approbation épiscopale prévue par les statuts de la
CLAR, a estimé le Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), ce projet
présente quelques "déficiences fondamentales", dont la principale est la
méthode proposée pour lire l’Ecriture Sainte. Pour le CELAM, cette méthode
n’interprète pas la Parole de Dieu à la lumière de la foi et du magistère,
mais propose avant tout une lecture idéologique et réductrice qui ne
favorise certainement pas la "nouvelle évangélisation" souhaitée par Jean
Paul II.
Les responsables de la CLAR se sont rendus à Rome le 12 septmbre dernier
pour une entrevue avec le cardinal Jean Jérôme Hamer, dans l’espoir que la
Congrégation dont il est le préfet reviendrait sur sa décision. Le cardinal
est resté sur ses positions, en expliquant que sa décision d’imposer un
nouveau secrétaire général, soutenue par le pape, répond à trois motifs :
le secrétaire général de la CLAR doit avoir une grande compétence
théologique et doctrinale, que les religieuses ne possèdent pas toujours
(c’est une religieuse dominicaine, Manuela Charria, qui avait été nommée
secrétaire générale); le secrétaire doit veiller à une amélioration des
rapports entre la CLAR et le CELAM; ce qui permettra, enfin, de mieux
affronter le défi du projet "Parole-Vie" et de la célébration du 500e
anniversaire de l’évangélisation du continent, toujours selon le cardinal
Hamer. Commentaire d’Emilio Zuneda dans "Ecclesia : "A la nouvelle
évangélisation, on le voit, il ne manque pas de vieux problèmes".
(apic/cip/bd)