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    Brésil: Mgr Pedro Casaldaliga déplore le "suicide moral"de l’ONU (180291)

    Barcelone, 18février(APIC) Mgr Pedro Casaldaliga, évêque de la Prélature

    de Sao Felix do Araguaia, au Brésil, estime que "l’Organisation des Nations-Unies s’est suicidée moralement, car elle a été créée pour animer le

    dialogue et elle a fini par provoquer une guerre. Aujourd’hui sa crédibilité est nulle". L’évêque de Sao Felix s’est exprimé dans la dernière édition

    du "Diari de la Pai", un hebdomadaire publié en catalan et édité à Barcelone à l’occasion de la guerre du Golfe.

    Pour Mgr Casaldaliga, "le tiers monde est profondément scandalisé et déçu du manque d’humanité de l’Occident qui s’est incliné devant l’opinion du

    gouvernement des Etats-Unis et devant la volonté de l’ancien directeur de

    la CIA. Ce dernier est devenu président de la puisssance politique qui,

    dans l’histoire, a envahi le plus grand nombre de pays". "Nous ressentons

    ce conflit comme étant celui de l’Occident supposé chrétien contre le monde

    arabe", ajoute Mgr Pedro Casaldaliga.

    Membre de la Congrégation missionnaire des Claretins, fondée en Espagne

    il y a un siècle et demi, Pedro Casaldaliga est venu au Brésil en 1968.

    Nommé évêque de Sao Felix en 1971, il est connu pour ses prises de position

    courageuses en faveur des indiens, des noirs et des paysans sans terre dans

    le Mato Grosso. Il a été à plusieurs reprises menaçé de mort par les grands

    propriétaires terriens. L’ancienne dictature militaire brésilienne l’a aussi persécuté. Il a écrit plusieurs livres de poésie traduits en diverses

    langues. Son livre autobiographique "Je crois en la Justice" a fait le tour

    du monde.

    En 1988, Mgr Casaldaliga fut convoqué à Rome pour s’y expliquer entre

    autres sur ses critiques de la curie romaine, son soutien aux théologiens

    de la libération et ses voyages au Nicaragua. Il effectuait alors sa première visite "ad limina" depuis son ordination épiscopale. A cette occasion

    il a écrit une longue lettre à Jean Paul II, fraternelle de ton, mais qui

    aborde les questions controversées dans l’Eglise, lettre qui fut publiée et

    largement diffusée. Quand l’évêque de Sao Felix vint trouver le pape, il

    s’y présenta vêtu de la chemise et du pantalon blanc des paysans de l’Araguaia, chaussé de sandales et une simple croix de bois sur la poitrine. Au

    lendemain de cette visite, il recevait par le canal de la nonciature à Brasilia une "intimation" de deux Congrégations romaines (celle de la Doctrine

    de la Foi et celle des Evêques), devant lesquelles il s’était expliqué.

    Cette intimation l’invitait à mettre un terme à certaines activités qui lui

    étaient reprochées, entre autres ses voyages au Nicaragua. (apic/cip/ba)

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