délimiter les territoires réservés aux Indiens"
L’Eglise dénonce la mauvaise volonté du président Collor
Brasilia, 14avril(APIC) Selon le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI),
un organisme de la Conférence nationale des évêques du Brésil, le gouvernement du président Collor de Mello ne fait aucun effort pour délimiter les
territoires des Indiens. La Constitution fédérale prescrit pourtant que
tous les territoires des tribus indiennes doivent être délimités avant octobre 1993. Ce but ne pourra être atteint, déplore le CIMI dans une déclaration rendue publique en fin de semaine à Brasilia.
Un seul objectif a été respecté jusqu’à présent: il s’agit de la délimitation du territoire des Yanomami. En agissant ainsi, le gouvernement cherche visiblement à sauver la face, avant la Conférence pour la terre et le
développement "ECO 92", ce sommet mondial qui doit avoir lieu en juin à Rio
de Janeiro. Selon le CIMI, même les démarches entreprises pour la tribu des
Yanomami pourrait être remises en cause après la réunion de Rio .
"Il ne veut pas de fait faire avancer les choses"
Mgr Luciano Pedro Mendes de Almeida, président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) et archevêque de Mariana, dans l’Etat de
Minas Gerais, reproche au gouvernement de "n’être manifestement pas intéressé" à délimiter les territoires des Indiens. Les Indiens sont ainsi restés exposés à toute sorte de violences. Toujours selon le CIMI, qui fait
partie intégrante de la CNBB, l’an dernier seulement un territoire sur
trois a été délimité. Pour l’année en cours, 127 territoires devraient faire l’objet d’une délimitation, mais seulement trois zones ont été jusqu’à
présent réalisées.
A l’origine, le gouvernement avait promis de consacrer en 1992 environ
80 millions de francs à la Fondation Nationale des Indiens (FUNAI) pour
procéder aux travaux nécessaires à ces délimitations. Cependant, par la
suite, le gouvernement n’a mis que 4,5 millions de francs dans ce projet.
De plus le parlement a encore diminué cette somme d’environ un million.
Pour cette raison, la FUNAI, depuis le début de l’année, ne paie plus ses
factures d’électricité et de téléphone, ajoute le communiqué du CIMI.
Le CIMI rappelle encore que les prestations sociales destinées aux Indiens ont subi des "restrictions dramatiques", avec pour conséquence une
détérioration de la santé des Indiens. Entre septembre 1991 et février
1992, dans le seul Etat du Mato Grosso, 331 cas de malaria ont été annoncés
au Conseil Indigéniste Missionnaire. (apic/com/ba)