Brésil : les paysans sans terre vont passer à l’action (080889)
Paris/Essen, 8août(APIC/CIP) Il y a douze millions de paysans sans terre
au Brésil et toujours pas de réforme agraire en vue. Les conflits agraires
sont en augmentation et les paysans sans terre s’apprêtent à occuper les
terres non travaillées dans 17 des 24 Etats du Brésil. C’est ce qu’annonce
au quotidien catholique "La Croix" un oblat français, le Père Hubert Rialland. De son côté, de retour d’une visite au Brésil, le prélat Dieter
Spelthahn, directeur d’Advienat, une oeuvre d’entraide de l’épiscopat allemand, a reproché au gouvernement brésilien de ne pas pouvoir ou de ne pas
vouloir intervenir pour régler les conflits pour la terre. Dans la campagne, c’est "la loi du plus fort" et très souvent dans cette situation, ajoute-t-il, l’Eglise est le seul recours des opprimés et des sans-droits.
Présent depuis 1970 dans le diocèse de Maraba, dans l’Etat du Para, au
nord du pays, le Père Rialland évalue à 12 millions le nombre des paysans
sans terre, présents dans quelque 100.000 communautés de base. Dans l’Etat
de Para, explique le religieux français, trois familles d’origine libanaise
sont propriétaires de la plupart des terres. Elles sont organisées autour
de l’Union Démocratique Ruraliste (UDR), un syndicat de grands propriétaires, disposant d’une armée parallèle "avec 40.000 armes de guerre". L’UDR a
constitué un puissant lobby parlementaire qui a réussi à faire échouer les
tentatives de réforme agraire.
Selon le Père Rialland, la plupart des évêques sont proches du peuple.
Mais, ajoute-t-il, ils sont quelques-uns, considérés comme les plus conservateurs, à faire alliance avec les puissants, relève-t-il, et ce sont eux
encore "qui ont la parole dans les médias, notamment à la télévision brésilienne, la quatrième du monde".
L’Etat du Para est présenté par le Père Rialland comme un "abîme de misères, d’injustices et de violences, où le salaire de base est de 28 dollars par mois, dans un pays qui est le cinquième vendeur d’armes mondial".
Selon "La Croix", l’action du mouvement des paysans sans terre, qu’appuyent
les communautés de base, risque fort bien de provoquer des réactions violentes. (apic/cip/kna/mg)