Brésil: les militaires consultés sur la délimitation des régions indiennes
Brasilia, 24août(APIC) Le gouvernement brésilien a l’intention à l’avenir
de faire participer les militaires au processus de délimitation des régions
indiennes. C’est ce qui ressort d’un communiqué du secrétaire à la présidence, Marcos Coimbra laissant entendre qu’avant la signature d’un décret
de délimitation des terres, la prise de position des militaires sur les
aspects de la souveraineté nationale sera entendue. Cette décision inquiète
les Indiens qui voient dans cette mesure un risque de ralentisssement ou
même de blocage des procédures.
Cette mesure administrative, prise sur l’ordre du président Collor de
Mello, même si elle n’a pas de caractère obligatoire, risque de rendre sensiblement plus difficile la délimitation des territoires indiens. Les militaires se sont en effet régulièrement prononcés contre une démarcation des
territoires indiens dans les régions frontalières de l’Amazonie. A côté des
intérêts militaires, ceux du DNPM (département national pour les ressources
minières), de l’Electrobras, (société nationale d’électricité) et de l’Embrapa (Institut pour l’économie agricole et l’élevage) entrent également en
considération.
Actuellement, cinq décrets de démarcation des terres indiennes attendent
d’être signés au ministère de la justice. Selon un fonctionnaire, la prise
de position de militaires serait requise également pour ces dossiers.
Pour l’organisation des peuples indiens d’Amazonie (COIAB), la volonté
politique de reconnaître les droits des peuples indigènes sur leur propre
région manque toujours dans les rangs des militaires. L’intention du gouvernement et des militaires est claire, ils refusent la démarcation et ne
veulent pas reconnaître l’identité ethnique des peuples indiens, estime
l’organisation. "Nous, peuples de l’Amazonie, voulons une attention à nos
droits historiques et à notre dignité" de la part du gouvernement qui laisse actuellement de côté "l’apport de grande valeur que nous pouvons apporter à la société brésilienne", affirment les Indiens. (apic/com/mp)