Brésil : les grands espoirs du monde populaire (051189)
Bruxelles, 5novembre(APIC/CIP) Le 15 novembre au Brésil, 80 millions
d’électeurs se présenteront aux urnes pour le premier tour des élections
présidentielles, les premières apèrs 29 ans de régime militaire. Une partenaire brésilienne d’"Entraide et Fraternité", oeuvre catholique d’entraide
belge, a précisé, lors d’un passage à Bruxelles, les grandes attentes du
monde populaire à la veille des élections et commenté le tout dernier sondage électoral dans son pays.
Dans ce pays de 140 millions d’habitants, 75% restent des "marginaux du
progrès" : 32 millions d’entre eux vivent carrément dans la misère, avec
tout au plus et souvent moins d’un salaire minimum de 50 dollars par mois.
Au sommet de la pyramide sociale du Brésil, 50% des revenus en effet son
déjà entre les mains de 5% à peine des citoyens. Après les longues années
de régime et de dictature militaire (1956-1985), la Constituante n’a pas
réussi à voter une réforme agraire. Aujourd’hui, un tiers des terres
cultivables ne sont pas exploitées, tandis que 8 millions de familles
paysannes restent dépossédées de leurs terres. L’exode rural est pour
beaucoup dans l’entassement de 10 millions de familles dans les bidonvilles
en bordure des villes.
Le dernier sondage effectué par "Toledo & Associados" sur les intentions
de vote des électeurs révèle une évolution importante de l’électorat au
cours des dernières semaines. Dans un pays où le vote est obligatoire à
partir de 18 ans (mais où 70% des électeurs de 16 à 18 ans saisiront aussi
la faculté qu’ils ont d’aller aux urnes), la proportion des indécis reste
considérable à quinze jours des élections : 37,7%. Et parmi ceux qui
gagnent deux salaires minimum ou beaucoup moins par mois, il y a 45%
d’indécis.
"Le monde populaire place beaucoup d’espoirs dans ces élections", souligne la conférencière. "Or, elles ont un caractère très spécial : elles
interviennent dans une phase de transition entre le régime militaire et la
démocratie; elles exprimeront les choix de 80% des électeurs qui n’ont jamais voté! Bien que l’issue du scrutin soit incertaine, il n’est pas indifférent que ce soit la droite ou la gauche qui l’emporte aux élections : les
conséquences en seraient très différentes pour le monde populaire, dont la
sitaution empire depuis plue de 20 ans". Elle reconnaît d’ailleurs que "le
pire qui puisse arriver pour les trois quarts des Brésiliens, marginaux du
progrès, c’est que le second tour se dispute entre deux candidats de droite. Mais qui sait ? Nous ne sommes pas au bout de nos surprises". (apiccip/bd)