"Halte aux semeurs de mort"
Belém, 21février(APIC) "La saignée de l’Amazonie a atteint sa limite extrême, et la Création de Dieu gémit dans un râle d’agonie": c’est par ces
mots que les évêques et les coordinateurs de la pastorale des diocèses et
prélatures d’Amazonie caractérisent la "dévastation" et la "déprédation"
frappant l’Amazonie de plein fouet et causant le "génocide" des populations
indigènes de la forêt vierge brésilienne. Ils lancent un cri d’alarme angoissé : "Halte aux semeurs de mort !". Ils affirment qu’au rythme actuel
de destruction, l’Amazonie sera bientôt transformée en steppe.
Dans une déclaration rendue publique à l’issue de leur IIIe Rencontre
interrégionale à Bélem (Nord du Brésil) du 13 au 15 février, ils lancent un
appel pour que soit mis un terme aux "projets de mort". Ils constatent que
des dizaines de milliers de kilomètres carrés de forêt tropicale ont été
anéantis ces dernières années, transformés en pâturages pour bovins, ou
tout simplement brûlés, en raison d’une "politique nationale absurde" qui
encourage fiscalement la déforestation.
"Les semeurs de mort sont tous ceux qui agressent la nature de façon
violente et et irrationnelle, qui détruisent les forêts, empoisonnent les
fleuves, polluent l’amosphère et tuent des peuples entiers", écrivent les
évêques d’Amazonie. Ils qualifient de "projets de mort" "des projets pharaoniques de construction de barrages et de centrales hydro-électriques",
la construction de routes à travers l’Amazonie, le déboisement pour l’extraction du charbon de bois, l’exploitation des richesses minérales par des
sociétés minières qui les exportent à vil prix.
Nous assistons avec effroi à de véritables génocides de populations
Aux yeux des évêques, les responsables de ces "projets de mort" sont la
cupidité, "une conception douteuse du progrès" et une politique agraire qui
a fait des paysans des vagabonds contraints à devenir garimpeiros (chercheurs d’or). Par l’utilisation de mercure pour extraire l’or, les 300’000
garimpeiros qui ont envahi l’Amazonie empoisonnent les poissons qui servent
de nourriture aux Indiens de la forêt. "Nous assistons avec effroi à de véritables génocides de populations qui ont déjà atteint leur phase finale",
souligne la déclaration.
Les signataires appellent les entrepreneurs à "limiter leurs projets lucratifs à ceux qui défendent la vie des hommes d’aujourd’hui et des générations futures" et ils demandent aux instituts financiers de n’accorder des
crédits "qu’à des projets respectueux de la nature et des hommes en Amazonie".
"Nous soutenons qu’un combat pacifique, mais déterminé et continu" doit
être mené contre tous les "projets de mort", précise la déclaration. Les
évêques d’Amazonie demandent aux Eglises locales de soutenir les populations dans leur combat. "Pratiquer la vraie religion" signifie aujourd’hui
se solidariser avec son prochain, et aujourd’hui prendre parti pour la défense de l’environnement et de la vie et vivre ainsi selon le plan de Dieu,
conclut la déclaration. (apic/com/hz/cor)