Brésil: les évêques dénoncent la pratique (250593)
Un avertissement au Conseil national de la Santé
Brasilia, 25mai(APIC) La présidence de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) vient de publier une note sur la pratique "alarmante"
de la stérilisation des femmes au Brésil. Cette note demande que le Conseil
national de la Santé respecte la Constitution brésilienne quant à la libre
décision des couples sur la procréation. Les évêques rappellent en outre
que les causes principales de la pauvreté ne sont pas à chercher dans le
nombre des enfants des familles pauvres, mais dans l’injustice sociale.
La CNBB évoque d’abord la prochaine réunion, les 2 et 3 juin prochains,
du Conseil National de la Santé qui doit voter des directives sur le
fonctionnement des organismes non-gouvernementaux qui donnent leur appui à
la planification familiale. Elle poursuit: "La pratique actuelle de la stérilisation des femmes au Brésil est alarmante. En 1992, la stérilisation
des femmes est la méthode employée pour le 50 % des activités du planningfamilial. Un pourcentage de cette méthode contraceptive qui atteint 70%
dans certains Etats du Nordeste. Plus grave encore, affirme la note épiscopale: "Beaucoup de femmes sont stérilisées sans leur plein consentement et
sans avoir pris une décision personnelle. Il est important par conséquent
que le Conseil national de la Santé décide de directives qui respectent le
chapitre 7 de la Constitution brésilienne de 1988. Cette dernière, à l’article 226, demande explicitement que la stérilisation doit être une libre
décision du couple concerné, l’Etat devant prévoir des moyens éducatifs et
scientifiques pour l’exercice de ce droit de décision en empêchant toute
forme cohercitive de la part des institutions officielles ou privées de
planification familiale".
Un journal de Brasilia a publié le 16 mai un article sur la position des
évêques à propos de la stérilisation des femmes au Brésil. "Cet article
présente des inéxactitudes", affirme la CNBB. "Notre position. à la lumière
de la doctrine constante de l’Eglise, insiste sur le critère éthique. Les
méthodes anticonceptionnelles artificielles et la stérilisation ne sont pas
éthiquement acceptables pour la planificartion familiale. Dans les campagnes anti-natalistes menées dans notre pays apparaît nettement un préjugé
nocif qui considère que la fertilité des familles pauvres est la cause prépondérante du problème social. Il faut dire non à cette manière de voir et
insister au contraire sur les principales causes de la misère sociale: le
manque d’une alimentation saine, le manque d’éducation et de moyens de se
soigner, tout cela basé sur des salaires insuffisants", conclut la note de
la CNBB. (apic/com/cnbb/ba)