Brésil: Le séminaire de Fortaleza dans le collimateur de Rome (270691)
Fortaleza, 27juin(APIC) Le séminaire régional de Fortaleza, qui dessert
neuf diocèses du Nordeste brésilien, est dans le collimateur de Rome. Selon
l’agence de presse catholique "Kathpress" à Vienne, le cardinal Pio Laghi,
préfet de la Congrégation romaine pour l’éducation catholique, a écrit au
cardinal Aloisio Lorscheider, archevêque de Fortaleza, afin que le séminaire se sépare de trois professeurs - des prêtres mariés -, change son programme "trop fortement influencé par la théologie de la libération" et ne
permette plus aux religieuses et aux laïcs d’en fréquenter les cours.
Le contenu de la note du préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique - compétente pour les séminaires - a été communiqué le 18 juin
dernier aux professeurs et aux séminaristes de Fortaleza. Rédigée en espagnol, ce qui a choqué les Brésiliens - elle aurait un ton assez dur. Selon
"Kathpress", la lettre demanderait au cardinal Lorscheider de donner leur
congé avec effet immédiat aux prêtres mariés oeuvrant au sein du corps professoral. Il s’agit du Belge Eduard Hoornaert, un historien de l’Eglise
très connu, du Hollandais Jan Ter Roegen et du Brésiliens Lauro Noguaira
Motta (il s’agit en tous cas pour les deux derniers de prêtres laïcisés).
La congrégation critique en outre le fait que l’on insiste de façon
"disproportionnée" sur la théologie de la libération dans le programme des
cours, et pas assez sur l’étude de la liturgie et du droit canon.
Un professeur du séminaire estime qu’à Rome on semble n’avoir que peu de
sensibilité pour les Brésiliens, étant donné que la lettre n’a même pas été
rédigée en portugais. La nécessité de congédier les professeurs incriminés
est fondée sur le fait qu’ils pourraient induire en erreur de façon irréparable les candidats au sacerdoce et ne donnent finalement pas un témoignage
de vie valable, étant donné qu’ils n’ont eux-mêmes pas pu tenir la règle du
célibat.
Le fait de permettre à des religieuses et à des laïcs l’accès au séminaire est également une erreur, car la formation des futurs prêtres doit
être différente de celle de religieuses et de collaborateurs laïcs de
l’Eglise, peut-on lire dans la note. Ainsi, l’expérience aurait montré que
l’essai d’une formation commune est un échec.
Réagissant à la note romaine, les neuf évêques des diocèses concernés
ont déclaré que les trois professeurs, "en raison du si bon et si compétent
travail" réalisé dans ce séminaire durant ces nombreuses années, auraient
au moins dû avoir un délai de licenciement de six mois. Selon un proche
collaborateur d’un des évêques concernés, une demande de révision de la décision vaticane va être envoyé à Rome, bien que l’on ne se fasse guère
d’illusions sur ses chances de succès. (apic/kap/be)