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    L’Eglise catholique dénonce les responsabilités gouvernementales

    Brésil: le massacre des Indiens Yanomamis n’est pas un cas isolé (240893)

    Boa Vista (Brésil), 24août(APIC) Le massacre de dizaines d’Indiens Yanomamis (le nombre exact de victimes serait d’environ 90) dans l’Etat bréslien de Roraima les 14 et 15 août dernier, n’est pas un fait isolé, aux dires de plusieurs anthropologues brésiliens. Mgr Luciano Mendes de Almeida,

    président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), a aussi

    rappellé que "la population Yanomami est constamment aggressée par les

    chercheurs d’or ou par les compagnies forestières. Les Indiens ne peuvent

    résister à cette invasion motivée par l’appât du gain. Cela au mépris de la

    Constitution brésilienne qui garantit pourtant mais sur le papier le droit

    des Indiens.

    Selon Mgr Almeida, le dernier massacre met tragiquement en évidence

    l’urgente nécessité d’une intervention de l’Etat afin d’éviter à l’avenir

    la répétition de tels actes et permettre de poursuivre en justice les

    agresseurs et les tueurs. De son côté, Mgr Orlando Dotti, nouveau président

    de la Commission pastorale de la terre (CPT), estime que "le massacre du

    peuple Yanomami n’est que la continuation de ce qui a commencé il y a 500

    ans. Il s’agit d’une véritable course à l’argent. La dispute pour la terre

    est la racine du problème dont souffrent depuis des siècles les Indiens au

    Brésil".

    Complicité de la police locale

    Pour sa part, le missionnaire Carlos Zacquini, qui vit depuis 26 ans auprès des peuples indiens, dénonce l’action pernicieuse de la police locale:

    "Depuis la démarcation du territoire réservé aux Indiens, les forces de police de l’Etat de Roraima s’opposent à cette mesure légale. Elles vont jusqu’à encourager l’invasion du territoire des Indiens par les chercheurs

    d’or, en prenant fait et cause pour eux dans les médias de la région". Dans

    une interview que viennent de publier les grands quotidiens brésiliens, le

    Père Zacquini estime que le dernier massacre des Yanomamis a pour cause directe le manque d’autorité du gouvernement brésilien face aux intérêts

    (compagnies locales et chercheurs individuels) des chercheurs d’or.

    Au moment même où le président de la République, Itamar Franco, convoquait le Conseil de la défense nationale en vue d’étudier la protection des

    frontières de l’Amazonie, le secrétaire du Conseil indigéniste missionnaire

    (CIMI), Fabio Martins Villas, dénonçait "l’avidité meurtrière du grand capital". Il critique en particulier l’arrogance des dirigeants des compagnies minières, ardents défenseurs de la révision d’une loi constitutionnelle qui prévoit précisément que ces mêmes compagnies, avant toute prospection, doivent soumettre leurs projets à la délibération des députés du

    Congrès national.

    Vers une remise en question des droits des Indiens

    Le massacre des Yanomamis survient alors que les conquêtes en faveur des

    peuples indiens inscrites dans la nouvelle Constitution de 1988 sont en

    train d’être remises en question au Brésil. Les constituants de 1988 ont

    prévu que la charte constitutionnelle devait être revue et améliorée cinq

    ans après sa promulgation. Certains députés veulent en profiter pour dimininuer l’impact des lois à caractère social et celles garantissant en théorie les droits des Indiens à leur terre. Le député Nissias Ribeiro, du Parti de Mouvement démocratique brésilien, (PMDB), de l’Etat de L’Amazonie,

    est à la tête d’un groupe d’une centaine de députés fédéraux. Ceux-ci demandent que soient supprimées les garanties constitutionnnelles concernant

    la démarcation des terres des Indiens. Certains officiers de l’armée, sous

    prétexte de défense nationale dans la région des frontières, abondent dans

    le même sens.

    L’aire réservée au peule Yanomami équivaut à 94’000 km carrés, occupant

    25% du territoire de l’Etat de Roraima au nord du Brésil. On compte environ

    9’000 à 11’000 Indiens Yamnomamis vivant dans 110 communautés. (apic/em/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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