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    Les Eglises chrétiennes s’interrogent sur leur rôle

    Brésil: le lien entre théologie et économie (280993)

    Sao Paulo, 28septembre(APIC) "Comment proclamer Dieu à un monde injuste",

    Ce thème a occupé les séminaires organisés dernièrement par la Région Brésil du Conseil latino-américain des Eglises (CLAI) et par le Centre oecuménique de documentation et d’information (CEDI) dans quatre villes brésiliennes, Curitiba, Fortaleza, Brasilia et Sao Paulo. Laïcs, pasteurs, séminaristes de diverses Eglises affiliées au CLAI (presbitérienne, épiscopale,

    anglicane, luthérienne, presbytérienne indépendante, évangélique arabe)

    mais aussi des invités du Conseil national des Eglises chrétiennes (CONIC),

    organisme auquel participe l’Eglise catholique, ont réfléchi sur le le rôle

    de la théologie dans les structures socio-économiques actuelles.

    Pour Claudio Oliver dos Santos, membre du CLAI pour le Brésil, le programme de travail intitulé "Théologie et Economie" s’est déroulé en référence constante au 500e anniversaire de l’évangélisation de l’Amérique latine. Pour lui, cette longue histoire ne peut être évacuée dans une réflexion sur le rôle de la théologie dans la conjoncture économique actuelle.

    Il y a toujours cette toile de fond des 500 ans de colonisation espagnole

    et portugaise sur les peuples, cultures et religiosités latino-américaines

    qui conditionne la réalité actuelle.

    L’aliénation religieuse

    Claudio Oliver fait un constat encore plus percutant: "Tant qu’il y aura

    des personnes affirmant que les Eglises doivent consoler les grandes masses

    de ne pas pouvoir participer aux bienfaits du système capitaliste, on ne

    pourra que mettre en évidence "la pertinence d’une pastorale et d’une théologie qui dénonce l’idôlatrie du marché et qui annonce un Dieu de la vie

    dans un monde sans coeur".

    Julio de Santa Ana, pasteur méthodiste, qui a travaillé longtemps à Genève au sein du Conseil oecuménique des Eglises (COE), estime de son côté,

    que la logique du marché est en train d’unir les peuples du monde. Mais une

    logique qui présente de nombreuses contradictions par le simple fait que

    quelques nations seulement peuvent profiter largement du bien être social.

    Et que même dans les pays riches, il y a aussi de graves inégalités comme

    le démontre la diminution des salaires à cause du chômage croissant. Tout

    cela fait qu’environ 65% de la population mondiale est exclue de l’usage

    des fruits du système de l’économie de marché. Dans ce contexte, Julio de

    Santa Ana a salué la résistance de ceux qui ne résignent pas à cette injustice: les mouvements pour les droits de l’homme, les revendications des

    ethnies et des cultures opprimées, la croissante revendication des femmes

    pour l’égalité, les mouvements écologiques et même la protestation, certes

    ambigüe, mais réelle, qui apparait à travers l’éclosion de nouveaux mouvements religieux.

    Identité des chrétiens

    Pour les professeurs Leonildo Silveira Campos, Paulo Roberto Garcia et

    Jung Mo Sung, les Eglises protestantes et pentécostales n’affirment plus

    leur identité, comme autrefois, en se démarquant des positions de l’Eglise

    catholique et vice-versa. "Actuellement celui qui veut vivre l’Evangile,

    s’immerge dans la société - de manière oecuménique - et se joint à son frère qui lutte dans de petits projets communautaires ou dans de grandes luttes politiques. L’objectif primordial, c’est alors la vie pour tous", ontils affirmé avec force.

    Construire une société plus juste

    Les participants de la rencontre de Sao Paulo ont alors débattu de l’importance que prend pour eux la construction d’une société civile plus juste. Cet effort politique et social permet de fortifier, dans leurs racines,

    les mouvements qui luttent déjà dans ce but et qui disent non à une pratique institutionalisée d’exclusion et d’appauvrissement de la majorité des

    gens.

    A la fin de la rencontre de Sao Paulo, quelques défis ont été abordés

    pour que la théologie appliquée à l’économie entre dans la pratique des

    Eglises et puisse être un ferment pour la société. Comment faire pour que

    les institutions religieuses, même insérées dans le monde de l’économie de

    marché, puissent être annonciatrices de bonne nouvelle? Comment promouvoir

    une lecture biblique qui ne soit pas uniquement faite de sacrifices et de

    renonciation? Dans ce sens, la CLAI se met à disposition des Eglises pour

    répartir les fonds et la diffusion de vidéos et pour donner son appui concret à la réalisation de semaines théologiques dans des églises ou des séminaires. Pour que toujours plus dans le pays, les chrétiens analysent

    l’économie à la lumière de la parole de Dieu et de la théologie. (apic/emba)

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