Brésil: le CIMI prend la défense d’un laeder indien (060792)
Brasilia, 6juillet(APIC) Trois membres du Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), les anthropologues Marta Azevedo et Maria Helena Bastos et
l’avocat Felisberto Damasceno demandent, dans un récent communiqué de presse, que la vérité soit faite sur les accusations lancées contre un laeder
indien. Ils en profitent pour dénoncer aussi les atteintes aux droits des
indiens quand certains évoquent insidieusement la distinction entre indiens
acculturés et ceux qui ne le sont pas.
La prise de position des deux anthropologues et de l’avocat employés par
le CIMI est intitulée: "Retour à Cabral ou attaque contre les droits des
Indiens". C’est une allusion claire à la première colonisation du Brésil
par le navigateur portugais Pedro Alvares Cabral. Mais l’intervention du
CIMI se comprend d’abord en rapport avec les accusations portées par la
presse brésilienne contre le cacique Palakan. Ce leader indien, connu même
en dehors de frontières du Brésil, vient d’être accusé de viol d’une jeune
fille dans la ville de Redençao dans l’Etat du Parana.
Les accusations contre le cacique Palakan ont commençé quand la revue
"Veja" a diffusé la nouvelle du viol lors de la clôture de Conférence des
Nations-Unies sur l’environnement et le développement à Rio de Janeiro,
"Eco 92".
Reprenant ces rumeurs divulguées par la presse, les collaborateurs du
CIMI affirment: "Nous prétendons que la première question à poser n’est pas
de savoir s’il doit être puni ou non, ni s’il doit être jugé selon des critères admis habituellement, mais d’abord s’il est vrai que le viol a été
commis. Il ne s’agit pas ici de faire un roman, mais de vérifier un fait
qui regarde la justice et la vérité".
La nouvelle polémique concernant le cacique Palakan met en évidence certains problèmes comme la distinction entre indiens "civilisés" et non-"civilisés"; ou la thèse selon laquelle il existe beaucoup de terres pour très
peu d’indiens; enfin la question de l’intégration des indiens dans la société. Les membres du CIMI rappellent que la prétention de distinguer les
indiens "civilisés" des "non-civilisés" ou non-acculturés est un affront à
la Constitution et signifie instituer l’arbitraire en une règle juridique.
Le CIMI rappelle que la protection de l’Etat brésilien doit être exercée
envers tous les indiens, indépendemment de leur approche ou connaissance de
la culture dominante.
En ce moment, une Commission spéciale de la Chambre des députés à Brasilia est en train d’étudier trois projets de loi au sujet du nouveau statut
des peuples indiens. "Les députés feraient preuve de sagesse en élaborant
une loi qui tienne compte de la Constitution, tout en préservant la diversité éthnique des peuples. Ils éviteraient ainsi de créer un instrument qui
aboutirait finalement à l’extinction des peuples indiens", conclut la note
du CIMI. (apic/em/ba)