Promissao (Brésil), 14août(APIC) Lors du premier "Rassemblement de la
Terre" dans l’Etat de Sao Paulo au Brésil, (cf information APIC du 13 août)
le cardinal Paulo Evaristo Arns, archevêque de Sao Paulo, a donné son appui
aux efforts entrepris par les paysans sans terre pour une réforme agraire
dans tout le pays. L’évêque du diocèse de Lins, Dom Irineu Danelon, avait
acceuilli 12’000 paysans au stade de Promissao. Ces derniers faisaient ensuite une marche de 9 km jusqu’au lieu "Fazenda Reunidas", où 700 familles
avaient acquis, grâce à leur lutte et l’appui de la Commission Pastorale de
la Terre (CPT), le droit à la terre.
Après les témoignages de paysans qui luttent pour leur droit à la terre
et ceux des représentants des organisations qui les soutiennent dans cette
lutte, Dom Paulo Evaristo Arns, a commencé la célébration de l’eucharistie
en ces termes: "Si les Juifs ont attendu 40 ans pour parvenir à la terre
promise, durant ces 500 dernières années, les Brésiliens ont trop attendu."
Le cardinal de Sao Paulo a rappelé que "la réforme agraire arrive trop lentement au Brésil et que si la justice n’arrive pas dans les campagnes, le
Brésil entier ne pourra pas s’en sortir". "Dom Paulo", comme l’appellent
familièrement ses diocésains, a invité les 12’OOO participants à ce premier
"Rassemblement de la Terre" à poursuivre cette lutte "avec la tête et le
coeur". Il s’agit aussi, a-t-il souligné," d’unir les forces des citoyens
des communautés urbaines et des communautés rurales, du moment que la terre
est la mère de tous".
Dans le stade de Promissao, Dom Irineu Danelon, évêque de Lins, avait de
son côté accueilli les paysans par ces paroles: "Ce premier Rassemblement
est l’occasion de remercier Dieu pour cette expérience de lutte pour la réforme agraire à la ’Fazenda Reunidas’". Il faut en tirer la leçon que la
réforme agraire peut et doit se réaliser chaque jour davantage au bénéfice
d’innombrables paysans sans terre. C’est ainsi que "Promissao" en ce jour
devient "symbole de la terre promise, terre de liberté, terre du juste partage, enfin terre de la promesse."
A la fin de l’après-midi, les participants de ce premier "Rassemblement
de la Terre" ont approuvé la proclamation des dix droits des travailleurs
ruraux qui exigent concrètement le respect de leurs droits et de leur dignité. Le 10e droit est rédigé ainsi: "Tous nous avons le droit de danser,
de chanter et de célébrer nos victoires et de maintenir vivante la mémoire
de nos martyrs, tombés dans la lutte." (apic/agen/ba)