Mgr Bernardino souhaite "laver cette tache honteuse" de Sao Paulo
Sao Paulo, 10juin(APIC) Mgr Angelico Sandalo Bernardino, évêque auxiliaire de Sao Paulo, revient sur la question de la violence que pratique quotidiennement certains membres de la Police militaire à Rio et à Sao Paulo.
Des abus qu’avait déjà dénoncés Frei Betto, dominicain brésilien connu pour
sa défense des défavorisés. Une dénonciation qui lui a valu un procès en
diffamation. Cette fois, Dom Bernardino fait un commentaire sur la répercussion qu’a eu au Brésil l’enquête d’"Americas Watch", publiée le 31 mai à
New-York. Cette enquête avait pour titre: "La violence de la police urbaine
au Brésil".
L’évêque brésilien, qui a lu cette enquête, fait un premier commentaire:
"Ce que montre l’enquête d’"American Watch", qui est une section de "Human
Rights Watch", n’est pas beau à voir. Il n’en reste pas moins qu’elle dit
la vérité". Faisant allusion au miroir, il ajoute: "Lorsque quelqu’un trouve que son miroir lui renvoie un visage sale, il a deux alternatives devant
lui. Ou bien il lave son visage, ou bien il casse le miroir. Face à l’enquête qui met en évidence les crimes et la torture pratiqués par les policiers dans les rues de Rio et de Sao Paulo, beaucoup préfèrent casser le
miroir, estime Mgr Bernardino. Ils demandent alors aux Américains de balayer devant leur porte et évoquent le souvenir des policiers qui tombent
dans l’exercice de leurs fonctions. Ils légitiment ainsi la violence policière comme remède adéquat pour combattre la violence urbaine. D’autres,
dont je suis, essayent de "laver le visage de la ville de cette tache honteuse".
La population, insiste Mgr Bernardino, a besoin d’une police ferme, mais
respectueuse pourtant de la loi, zèlée dans la prévention du crime, rigoureuse dans la recherche des coupables, accessible et qui respecte enfin
l’immense majorité de la population honnête qui aspire à un ordre qui construit la cité et non pas qui tue des personnes.
Impunité de la police
Cette police qui tue, une caractéristique de certains hommes de la Police militaire, se trouve fortitifiée , voire stimulée dans ses crimes par
l’assurance de l’impunité, affirme l’enquête d’"Americas Watch". Une impunité garantie par la justice militaire. Car actuellement ce sont les propres militaires qui jugent les membres de la corporation qui commettent des
crimes, déplore l’enquête. (apic/em/ba)