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    faim (090993)

    Brésil: la sécheresse n’est pas la cause principale de la

    Les évêques du Ceara dénoncent les injustices structurelles

    Fortaleza (Brésil), 9septembre(APIC) Une terrible sécheresse - que certains disent la plus forte du siècle - frappe actuellement le Nordeste brésilien. Mais les véritables causes

    de la souffrance du peuple sont d’abord d’ordre structurel et

    ont leurs racines dans l’absence de décision politique en faveur des marginalisés, affirment Les évêques catholiques et

    les agents pastoraux de l’Etat du Ceara.

    "Motivés par leur mission prophétique et par la fidélité à

    Dieu ’qui a entendu la clameur de son peuple (Ex 3,7)’, les

    évêques du Ceara se déclarent profondément choqués par la misère du peuple dans les campagnes et dans la périphérie des

    villes. La faim, la soif et la misère du peuple ne sont pas

    causées par la sécheresse. Celle-ci aggrave certes la situation, mais il y a d’autres causes beaucoup plus déterminantes: Les 1’000 plus grands propriétaires du Ceara ont quatre

    fois de terre que les 200’000 petits propriétaires.

    Selon les statistiques officielles, plus de trois millions

    de personnes au Ceara vivent dans la misère (47% de la population totale). Plus de 50% des gens sont analphabètes et 85%

    gagnent un salaire qui permet à peine de survivre. Cela alors

    que le Ceara est le troisième Etat du Brésil pour l’importation de voitures étrangères. La propagande officielle massive

    prétend transmettre l’image d’un Ceara en plein développement

    économique.

    Face à la situation actuelle, les évêques revendiquent

    l’ouverture de nouveaux "fronts de travail" pour fournir un

    emploi aux affamés. Il s’agit aussi d’inclure des femmes et

    des jeunes dans ces travaux communautaires. Afin de pouvoir

    verser un salaire (moitié du salaire minimum pour trois jours

    de travail durant la semaine) aux victimes de la sécheresse

    qui n’ont absolument rien à manger. L’appui du gouvernement à

    la lutte des paysans pour une véritable réforme agraire est

    la seconde revendication de l’épiscopat.

    Enfin les évêques se sont indignés de la manière dont

    étaient traités 1200 représentants des campagnes venus réclamer des vivres devant le Département de l’agriculture de

    l’Etat du Ceara, au moment même de la rencontre épiscopale à

    Fortaleza, la capitale. "Ces travailleurs sont dans la rue

    depuis six jours, exposés au soleil sans recevoir aucune réponse, alors que ce Département possède, tout près de là, de

    vastes espaces inoccupés et ombragés." (apic/cnbb/ba)

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