Brésil: la chanson au service des enfants de la rue (260493)
Piracicaba (Brésil), 26avril(APIC) Le secteur culturel de l’Université
Méthodiste de Piracicaba, dans l’Etat de Sao Paulo, vient de lancer un livre de chansons et des cassettes qui dénoncent la situation des enfants des
rues du Brésil, tout en présentant leurs rêves et leurs espérances. Une manière aussi de rendre possible leurs utopies pour parvenir à une vie plus
digne. Le travail de l’Université méthodiste a été organisé de manière oecuménique. On a fait appel à des compositeurs méthodistes, anglicans et
catholiques. Les enfants des rues eux-mêmes ont également participé à
l’élaboration des chansons.
Selon Umberto Cantoni, compositeur, les chansons ont été préparées à
partir des contacts pris parmi des groupes d’enfants des rues. Outre son
côté culturel et éducatif, affirme-t-il, "cette initiative prétend être un
appui supplémentaire au futur Statut de l’enfant. Ce Statut est un instrument légal qui doit sortir des tiroirs officiels pour être vraiment utile à
la vie des enfants qui souffrent". Quant au futur des enfants de la rue,
Umberto Cantoni rappelle que cela dépend essentiellement des changements
politiques: "La modification de la vie des enfants de la rue ne va tomber
du ciel comme un cadeau de la part ceux qui nous gouvernent. Elle arrivera
seulement comme fruit de la lutte et de la conquête du peuple".
Au-delà du Carnaval
Une des chansons contenue dans le livre diffusé par l’Université méthodiste est déjà célèbre dans tout le Brésil. Elle a été composée par le Père
José Fernandes de Oliveira, mieux connu sous le nom de "Padre Zezinho". La
chanson commence ainsi: "On dit que ce pays est heureux parce que le peuple
parcourt les rues en chantant, parce que le peuple fête encore le carnaval...J’aimerais seulement rappeler que des millions d’enfants sans toit ne
partagent pas la même vision. La tristesse est au fond de leur coeur".
Dans une autre chanson intitulée ""Folguedo", André et Edson, enfants du
mouvement des enfants des rues, affirment: "Dans la rue, nous trouvons la
faim, le froid, la colle à renifler, nous n’avons aucune valeur... Dans la
rue, nous n’avons pas de jouets, ni de ballon de foot. Les enfants aiment
la fête. C’est bon de manger quelque chose, de sucer des bonbons ou de
shooter dans un ballon..." (apic/em/ba)