Brésil: la Chambre municipale de Sao Paulo transformée (220393)
L’Eglise catholique favorise cet effort national
Sao Paulo, 21mars(APIC) Exiger la construction de maisons pour les démunis du Brésil, a été le slogan principal de la rencontre qui a réuni, durant deux jours à la mi-mars, plus de 400 représentants des mouvements
d’habitation de dix Etats brésiliens à la Chambre municipale législative de
Sao Paulo.
La députée Irma Passoni, du Parti des Travailleurs (PT) n’a pas manqué
de relever la participation de l’Eglise dans cet effort national: "Nous admirons et louons la présence historique de l’Eglise catholique qui n’hésite
pas à se joindre aux mouvements qui revendiquent une habitation digne pour
les plus pauvres de notre pays".
Dom Angelico Sandalo Bernardino, évêque auxiliaire de Sao Paulo, qui a
été ovationné par les participants, a affirmé "qu’il n’y a pas plus de
temps à perdre en conversations futiles ou en promesses qui restent sur le
papier". Pour Dom Bernardino, la question des 15 millions de familles sans
maison n’est pas seulement un problème économique, mais d’abord éthique et
politique dans un pays où beaucoup de politiciens ont des liens économiques
avec des entreprises de construction civile. "La fonction sociale du sol
rural et urbain n’est pas seulement un principe à respecter, mais il est
actuellement un objet de honte au Brésil. "Ceux qui souhaitent ne pas garder cette honte sur leur front, doivent absolument modifier cette situation
scandaleuse. Il s’agit de dignité et de fidélité à la promesse donnée", a
encore ajouté l’évêque auxiliaire de Sao Paulo.
Lors de cette rencontre, la Chambre municipale de Sao Paulo donnait
l’impression d’une vaste et bruyante réunion populaire. Contrastant avec
les conseillers communaux et des fonctionnaires, cravatés et habillés dans
leurs costumes sombres, la salle était remplie de personnes aux habits bariolés, hommes et femmes, qui exibaient des pancartes et des banderolles
remplies de slogans populaires. Les orateurs, ont insisté fortement sur
l’importance de l’organisation de la base, spécialement dans le travail
communautaire de construction de maisons ("mutirao") . A l’entrée de la
salle, de grandes photos illustraient précisément des dizaines de ces travaux communautaires, actuellement en cours dans le pays.
Fonds national pour des habitations populaires
Parlant au nom du gouvernement fédéral, Antonio Neto, secrétaire national de l’Amélioration de l’Habitation, a mis en valeur le travail précieux
de l’organisation populaire. Il a rappelé le programme qui prévoit la construction de quartiers d’habitations pour 183’000 familles durant l’année
de 1993. Un chiffre encore très éloigné de ce qui serait nécessaire.
Plusieurs députés fédéraux présents ont promis de faire avancer le projet de loi qui doit mettre sur pied un "Fonds national pour des habitations
populaires". Ce projet à été présenté à la Chambre fédérale des députés en
1991, munis de 830’000 signatures. Le point capital de ce projet de loi est
de trouver des fonds pour des programmes de construction de maisons pour
des personnes qui ont de petits salaires. 70% de ces fonds devraient revenir à des personnes qui gagnent de 0 à 5 salaires minimum, habitants des
favelas et des taudis. Outre l’appui à ce projet de loi venu de la base,
les participants de l’assemblée ont encore exigé des subsides de l’Etat fédéral pour l’expropriation de terrains pour de vastes projets de construction de maisons pour les moins favorisés de la société brésilienne. (apicem/ba)