Le président de la CNBB répond aux accusations
Brasilia, 26février(APIC) Les milieux économiques et les grands propriétaires brésiliens n’apprécient guère le thème de la "Campagne de la fraternité" 1991, qui au Brésil correspond à la campagne de l’Action de Carême en
Suisse. Le thème de la campagne de cette année est le suivant: "Soyons solidaires dans la dignité du travail". Certains ont vu dans cette campagne
de l’Eglise catholique des accents de lutte des classes.
Ces critiques acerbes, répercutées spécialement par le quotidien proche
des milieux patronaux "O Estado de Sao Paulo" sont réfutées par Mgr Luciano
Mendes de Almeida, président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), qui considère au contraire que le thème de la campagne de la
Fraternité est tout à fait opportun dans la conjoncture économique et sociale que vit actuellement le Brésil.
Mgr Mendes de Almeida estime que le thème choisi permet justement "de
découvrir l’injustice dont souffre le monde du travail". Il réaffirme la
nécessité d’assurer la primauté de la vie humaine sur le capital, comme de
défendre les droits des travailleurs par un salaire suffisant et une protection de la santé. Enfin ajoute le président de la Conférence épiscopale
brésilienne, il s’agit de respecter la libre organisation des travailleurs
et le dialogue fraternel entre les groupes qui travaillent dans les entreprises.
A l’occasion de l’ouverture de la "Campagne de la fraternité" circule au
Brésil une note de la Commission nationale de la pastorale ouvrière expliquant que cette campagne promue par la CNBB arrive justement dans un moment
où les travailleurs brésiliens vivent des moments dramatiques. La Commission nationale de la pastorale ouvrière se base sur les dernières statistiques officielles sur le niveau de vie des Brésiliens, qui indiquent un net
accroissement du pouvoir économique de la minorité riche.
C’est ainsi que le 10% des Brésiliens les plus riches concentrent entre
leurs mains 53,2% du produit national, alors que 50% de la population la
plus pauvre doit se contenter de 3,5% du produit national. Le nombre de
travailleurs brésiliens sans carte de travail atteint 40% de la population
économiquement active (PEA). Ces chiffres signifient que près de la moitié
de la population n’a pas accès aux droits prévus dans la législation du
travail ni à la prévoyance sociale. (apic/em/ba)