Ouverte par un message du pape diffusé dans tout le pays
Sao Paulo, 6 mars(APIC) Jean Paul II et Mgr Luciano Mendes de Almeida,
président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) ont ouvert, mercredi des Cendres, la campagne de Carême appellée au Brésil "Campagne de la Fraternité". Leurs messages respectifs ont été diffusés sur une
chaîne nationale de radio et de télévision sur tout le territoire brésilien. Le thème choisi pour le carême 92 s’intitule: "La Jeunesse, chemin
ouvert".
Le pape rappelle que le carême est un temps de conversion et de réconciliation, et insiste sur le fait que la jeunesse, qui chemine vers le futur,
est un chemin de l’espérance. Il invite la société et l’Eglise à aimer les
jeunes, puisqu’ils sont "porteurs de grandes valeurs et qu’ils sont la sève
profonde de l’humanité pour le troisième millénaire". Jean Paul II a rappelé en outre sa rencontre avec les jeunes brésiliens l’an dernier à Cuiaba
(Etat du Mato Grosso), lors de sa visite au Brésil. A cette occasion, il
avait invité les jeunes à "regarder le Christ et à le suivre en imitant son
projet de vie".
Mgr Luciano Mendes de Almeida relève de son côté "qu’à chacun de nous
revient le devoir d’appuyer les jeunes". Mais il convient en même temps de
lutter contre la violence, la corruption, l’injustice, l’égoïsme et le péché. Une fois ces obstacles enlevés, les jeunes unis entre-eux pourront
s’en aller sur les chemins du monde découvrir les valeurs de l’Evangile et
les vivre harmonieusement dans la société et dans l’Eglise. Pour le président de la Conférence épiscopale brésilienne, la "Campagne de la Fraternité" est une occasion pour les paroisses et les communautés de renforcer la
pastorale de la Jeunesse. "Faisons en sorte que que les chemins soient ouverts. Alors seulement les jeunes renouvelleront l’Eglise et la société.
La jeunesse brésilienne
Les jeunes, âgés de 15 à 24 ans, représentent 19% (27,4 millions) de la
population brésilienne, estimée à environ 140 millions d’habitants. Les 2/3
des jeunes (17 millions) sont économiquement actifs. Parmi ceux-ci 46%
n’ont pas de "carteira assinada", une carte de travail donnant droit à la
sécurité sociale, aux vacances payées et au 13e salaire.
Environ 24,5% des jeunes vivent en zone rurale. La jeunesse noire ou mulâtre qui représente la moitié de la population jeune du pays, ne représente que 11% des 335’000 étudiants et étudiantes aujourd’hui inscrits dans
les universités brésiliennes.
Une enquête de "l’Institut Gallup" réalisée en 1990, révèle par ailleurs
que 14% des jeunes affirment n’appartenir à aucune religion. Quant à l’alphabétisation de la jeunesse, les dernières statistiques indiquent une amélioration par rapport au passé. 76% des jeunes du milieu rural et 93,7% qui
vivent dans les villes ont suivi un certain temps l’école. Beaucoup cependant abandonnent les études en cours de route et le système d’éducation en
vigueur provoque un élitisme très prononcé. Seuls 13 % des enfants qui ont
suivi l’école primaire se retrouvent au niveau secondaire. O,6% des jeunes
des campagnes, contre 7% en milieu urbain, accèdent à l’université. Selon
des données de l’UNICEF pour l’année 1988, le gouvernement fédéral n’a consacré que 3% de son budget à l’éducation."(apic/em/ba)