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    Pour une structure plus représentative de l’Eglise latino-américaine

    Brésil : l’épiscopat brésilien face au CELAM (271087)

    Fribourg, 27octobre(APIC) Le Conseil épiscopal latino-américain, plus

    connu sous son sigle CELAM, est l’organe de liaison entre les Conférences

    épiscopales latino-américaines. De tendance plutot conservatrice, le CELAM

    n’est pas au mieux avec la Conférence Nationale des Eveques du Brésil

    (CNBB), connue pour sa ligne pastorale favorable à la théologie de la

    libération, qui lui reproche de ne pas etre une structure tout à fait

    représentative de l’ensemble de l’Eglise latino-américaine. De passage à

    Fribourg, Dom Antonio Batista Fragoso, éveque de Crateus, dans le Nordeste

    brésilien, a expliqué à l’agence APIC les rapports de la hiérarchie

    brésilienne avec le CELAM.

    Dom Fragoso rappelle d’abord que la ligne de la CNBB a été confirmée en

    avril dernier lors de l’Assemblée générale d’Itaici avec l’élection à la

    présidence de Mgr Luciano Pedro Mendes de Almeida, éveque auxiliaire de Sao

    Paulo et depuis huit ans secrétaire général de la CNBB. "Je pense qu’ il y

    a continuité dans l’option préférentielle pour les pauvres, parce que la

    première fois, nous avions choisi le cardinal Aloysio Lorscheider, l’archeveque de Fortaleza. Il a été président durant deux périodes, avant que nous

    élisions à deux reprises son cousin José Ivo Lorscheiter, éveque de Santa

    Maria. Avec l’élection de Dom Mendes de Almeida, il y a une continuité de

    vingt ans dans la fidélité à cette option pour les pauvres... et ce sont

    plus des deux tiers de l’épiscopat brésilien qui ont choisi cette ligne pastorale".

    "Le CELAM est sans aucun doute un organisme providentiel, mais il a besoin d’une révision en profondeur", devait déclarer le cardinal Lorscheider

    à Itaici le 22 avril dernier, se plaignant d’une certaine hostilité du CELAM à l’encontre de l’épiscopat brésilien. Mais le point central est la

    représentativité de cet organisme liaison : "Notre épiscopat (374 éveques,

    dont 286 électeurs lors de l’assemblée d’Itaici) constitue le tiers de

    l’épiscopat latino-américain et a la meme représentation par exemple que le

    Costa Rica avec cinq éveques seulement..." "Ce n’est pas seulement nous qui

    soulevons le problème; le Chili et le Mexique le soulèvent aussi. Il exemple", devait-il ajouter. Et de faire remarquer que quand il s’agit de contribution financière, la Conférence qui a plus d’éveques doit payer davantage.

    "Il faut changer fondamentalement les statuts du CELAM"

    Pour les éveques brésiliens, affirme Dom Fragoso, "il faut changer fondamentalement les statuts du CELAM, parce qu’il faut que la représentativité des épiscopats soit respectée, ce qui n’est pas le cas actuellement".

    Il y a également un problème de représentativité dans le domaine des orientations pastorales : "Il y a actuellement un certain type nouveau d’Eglise

    qui nait dans toute l’Amérique latine, une Eglise peuple de Dieu, ou tous

    les chrétiens sont co-responsables. Il y a quelques uns qui sont choisis

    par Dieu, ce sont les ministères ordonnés. Ainsi, les éveques, les pretres,

    les cardinaux, sont choisis parmi les membres du peuple de Dieu pour etre

    au service... L’Eglise... il ne s’agit pas d’abord et seulement de la

    hiérarchie, mais de l’ensemble de la communauté chrétienne : cette vision

    nouvelle se répand partout en Amérique latine, mais se heurte au type traditionnel de l’Eglise ou le centre, la référence essentielle, c’est le

    clergé, qui a le dernier mot, qui controle les ministères, qui exige une

    certaine centralisation - parfois autoritaire - ."

    Et de relever que c’est ce modèle-là qui se rencontre dans plusieurs

    pays (par exemple en Colombie, en Argentine...) et "quand les épiscopats

    choisissent une ligne au sein du CELAM, le Brésil est minorisé."

    "Une Eglise servante et pauvre"

    "Pour nous, poursuit Dom Fragoso, l’Eglise doit etre avant tout une

    Eglise servante et pauvre, qui nait surtout dans le vie des plus pauvres et

    c’est à partir de là que cette Eglise a sa façon de lire les événements et

    l’histoire à la lumière de la foi : on appelle cela la théologie de la

    libération. Cette naissance d’une spiritualité de la libération est très

    importante pour l’avenir de notre continent et je pense que l’épiscopat

    brésilien dans sa majorité accueille et stimule cela, tandis que dans le

    modèle plus traditionnel de l’Eglise, on prone une théologie de la réconciliation, parce qu’on a peur des conflits, des tensions, de ce que l’on appelle ’luttes de classes’. On insiste alors sur la réconciliation et je

    crois que c’est la ligne du CELAM et de plusieurs épiscopats latino-américains."

    Le Brésil insiste plus sur la libération, souligne-t-il, "c’est ce qui

    explique ces tensions avec le CELAM, qui regarde la théologie de la libération avec une grande suspicion... Ainsi, les communautés ecclésiales de base sont souvent traitées d’"Eglise populaire", et l’Eglise populaire est

    considérée un peu comme schismatique. A mon avis, cela ne correspond pas à

    la vérité des faits. La communauté ecclésiale de base, expérience faite,

    c’est plus évangélique. Elle est d’ordinaire très liée à l’éveque, mais

    n’accepte plus un type d’éveque centralisateur, autoritaire... Elle veut

    des éveques qui soient des compagnons, qui ont un charisme spécifique, qui

    soient complémentaires, mais pas supérieurs aux autres!"(apic/be)

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