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    L’Eglise pousserait le peuple à la révolte

    Brésil : l’Eglise dans le collimateur des militaires (101287)

    Brasilia, 10décembre(APIC) Les relations entre les militaires et l’Eglise

    catholique au Brésil ne sont plus ce qu’elles étaient. Depuis un certain

    nombre d’années, ayant fait clairement "l’option pour les pauvres", l’Eglise est devenue une cible de choix pour les forces de sécurité brésiliennes.

    Ainsi, elle a souffert de nombreuses campagnes de diffamation et la liste

    de ses martyrs s’allonge. La dernière campagne en date a été lancée par le

    général Rubens Bayma Denis, ministre-chef du cabinet militaire du gouvernement, qui a accusé l’Eglise de pousser le peuple à la révolte.

    Selon un journal brésilien, la "Folha de Sao Paulo", le Conseil National

    de Sécurité (CNS), mandaté par le général Rubens Bayma Denis, a élaboré un

    document intitulé "Activité de l’Eglise catholique au Brésil", dans lequel

    on accuse certains secteurs de l’Eglise, dont des évêques, de fomenter la

    tension sociale qui s’est développée au Brésil à la suite de la crise économique et de la lancinante question agraire.

    L’Eglise est accusée de défendre les revendications sociales des majorités défavorisées en les incitant à utiliser la force et à mettre sur pied

    des mouvements de masse dans le but de provoquer des changements radicaux

    dans le pays. Le document du CNS accuse notamment la théologie de la

    libération et son principal représentant au Brésil, Léonardo Boff, le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI), une organe dépendant de la Conférence

    Nationale des Evêques du Brésil (CNBB) et des évêques comme Mgr Pedro Antonio Fedalto Marchetti, évêque de Curitiba, Mgr Aldo Mongiano, évêque de

    Roraima et Mgr Pedro Casaldaliga, évêque de la prélature territoriale de

    Sao Felix do Araguaia. Ce dernier a d’ailleurs été à plusieurs reprises menacé de mort à cause de son engagement en faveur de la réforme agraire. Le

    CNS a reproché à ces trois évêques d’avoir violé la loi sur le séjour des

    étrangers. Si Mgr Casaldaliga est d’origine espagnole et Mgr Mongiano

    d’origine italienne, l’évêque de Curitiba est Brésilien.

    Mgr Luciano Mendez de Almeida, secrétaire de la CNBB, a déclaré que

    l’Eglise répondrait à ces accusations en temps utile. Le document du CNS

    suggère encore la mise sur pied d’une commission chargée d’enquêter sur les

    "ingérences de l’Eglise dans les affaires de l’Etat" et souhaite que l’on

    développe les contacts avec "l’aile conservatrice de l’Eglise" et les mouvements qui soutiennent le gouvernement. Le CNS demande aussi que l’on contrôle plus strictement le travail des prêtres d’origine étrangère et que

    l’on surveille le financement de projets ecclésiastiques soutenus par des

    "donateurs étrangers". (apic/be)

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