un "festival" de corruption impunie
Le gouvernement de Brasilia sur la sellette
Brasilia, 23 mars(APIC) Mgr Celso Queiroz, secrétaire de la Conférence nationale des Evêques du Brésil (CNBB) vient de déclarer au "Jornal do Brasil" de Rio de Janeiro, un des principaux journaux brésiliens, que "le pays
vit un véritable festival d’impunités". Cette déclaration rejoint les paroles de Mgr Luciano Mendes de Almeida, président de la CNBB, qui a affirmé
que les cas de corruption commis par le gouvernement doivent être rigoureusement inventoriés et punis de manière exemplaire. Il a rappelé encore que
le combat contre la corruption doit s’étendre aux domaines judiciaire et
législatif.
Mgr Augusto Rocha, évêque de Picos, dans l’Etat du Piaui, et président
de la Commission Pastorale de la Terre (CPT), regrette de son côté que la
corruption soit malheureusement une constante sur le plan national. Il voit
d’ailleurs dans le gouvernement lui-même des éléments qui facilitent la
corruption. "Je condamne le modèle adopté au Brésil depuis très longtemps,
ce système dans lequel quelques uns s’approprient d’une manière indue ce
qui appartient à tous et cela sans la moindre sanction. Avec un tel système, il n’y a aucun projet véritable en faveur de la promotion des pauvres,
sinon la remise de quelques aumônes.
Interrogé sur un éventuel accroissement de la corruption au sein l’actuel gouvernement brésilien, l’évêque de Picos affirme qu’il ne le pense pas.
Mais on constaste par contre une augmentation du nombre de cas de corruption connus, grâce aux médias. Malheureusement cela ne signifie pas, ajoute
Mgr Rocha, "un supplément de condamnations exemplaires pour ceux qui usent
à leur propre profit l’argent destiné au peuple".
Ces dénonciations publiques de la part d’importantes autorités de
l’Eglise sortent d’ailleurs au moment où deux ministres de l’actuel gouvernement (ceux de la Santé et de la Prévoyance sociale) ont été démis de
leurs fonctions par le président Fernando Collor. Ces deux anciens ministres ont d’ailleurs à répondre actuellement devant la justice brésilienne
de faits de corruption survenus durant leur passage au gouvernement. (apicem/ba)
cas