Brésil: l’archidiocèse de Recife vit des moments difficiles (060989)
de l’archevêque Cardoso Sobrinho sérieusement mises en cause
Récife, 6septembre(APIC) La tension monte dans l’archidiocèse d’Olinda et
Recife, dans le Nordeste brésilien, à la suite de la décision de Rome de
fermer le séminaire régional du Nordeste et l’Institut de théologie de Recife. D’autre part, l’actuel archevêque de Recife, Dom José Cardoso Sobrinho, qui a remplacé il y a cinq ans Dom Helder Camara, "l’évêque des pauvres", à la tête du diocèse, ne reconnaît plus la Commission "Justice et
Paix" de Recife. "Justice et Paix" avait dénoncé publiquement, le 17 août
dernier l’intervention, à la demande de l’archevêque, de la police militaire pour expulser de sa résidence épiscopale de Manguinhos des paysans qui
manifestaient.
La crise qui secoue actuellement l’ancien archidiocèse de Dom Helder
Camara fait couler beaucoup d’encre au Brésil. Les faits ont été rendus publics lors d’une conférence de presse tenue à Paris mardi 5 septembre.
Que se passe-t-il à Recife, capitale de l’Etat de Pernambouc? On se doutait bien que si Dom José Cardoso Sobrinho, évêque peu connu de Paracatu,
un diocèse proche de Brasilia, mais canoniste éprouvé, avait été nommé à ce
siège, succédant au très populaire Dom Helder Camara, c’était pour reprendre en main un diocèse qui posait "quelques problèmes"!
Il semble que ce soient les liens qu’entretenait le Père irlandais Tiago
Tholby, avec la Commission pastorale de la terre (CPT) du Nordeste qui lui
ont valu la disgrâce de l’archevêque. Rentré en Irlande pour les vacances,
ce dernier se voyait remplacé sans avertissement. A son retour de Dublin,
le 14 août, les paysans l’ont accueilli à l’aéroport et sont allés demander
à l’archevêque - en l’absence du religieux irlandais - qu’il puisse conserver ses activités pastorales. Ces paysans n’avaient certes pas tenu compte
du protocole, mais ils ont été quelque peu surpris d’être chassés de la résidence épiscopale par la police militaire, à la demande de l’archevêque.
C’est la critique publique de cette décision qui a motivé Mgr Cardoso Sobrinho à ne plus reconnaître par décret la Commission "Justice et Paix" de
Recife le 25 août dernier.
L’héritage de Dom Helder Camara remis en cause
Une autre décision fait actuellement des vagues dans tout le Brésil. La
Congrégation vaticane pour l’Education catholique vient d’ordonnant la fermeture du séminaire régional du Nordeste "Serene II" installé à Recife, et
de l’Institut de Théologie de Recife (ITER), fondés par Dom Helder Camara.
Cette mesure - que le président de la Conférence nationale des évêques du
Brésil (CNBB) a apprise par la presse - touche quelque vingt diocèses, près
de 200 étudiants en théologie et philosophie et tout autant de laïcs qui
suivent des cours de sciences religieuses de l’ITER le samedi.
Peu de temps après sa nomination au siège de Recife, en 1985, Dom José
Cardoso Sobrinho avait décidé de créer une séminaire diocésain, malgré
l’existence d’un séminaire régional - Serene II. Du 6 au 11 octobre 1988,
Dom Vicente Joaquim Zico, évêque auxiliaire de Belem, effectue une visite
canonique des deux séminaires - le régional et le diocésain - ainsi que de
l’Institut de Théologie. Ses conclusions - rendues alors publiques et confirmées depuis - sont formelles: il juge intéressante l’expérience du séminaire régional et de l’Institut de Théologie, mais exprime des réserves sur
la formation dispensée par le séminaire diocésain.
Mais voici qu’une lettre émanant de la Congrégation romaine pour l’éducation catholique, adressée à Dom José en date du 12 août 1989, mais rendue
publique seulement dans le bulletin archidiocésain du 1er septembre, ordonne la fermeture de l’Institut de Théologie et du séminaire régional parce
que "le Serene II ne correspondait pas à la notion de grand séminaire et
n’offrait pas les conditions minimales pour la formation sacerdotale, et
que l’ITER n’offrait pas une formation intellectuelle adéquate aux futurs
prêtres..."
L’archevêque de Recife, actuellement en vacances en Italie, est chargé
de "veiller à la prompte exécution de cette mesure"... a-t-on appris à Paris lors de la conférence de presse. (apic/agen/mjh/pr)