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    Brésil: Jean Paul II réclame une "vraie réforme agraire" (141091)

    Sao Luis, 14octobre(APIC) La troisième journée de la visite de Jean Paul

    II au Brésil a conduit lundi le pape à Sao Luis, la capitale de l’Etat de

    Maranhao, dans le Nordeste du pays. Après y avoir célébré une messe au

    cours de laquelle il a plaidé en faveur d’une "vraie réforme agraire", Jean

    Paul II s’est envolé à destination de Brasilia, où il a rendu une visite de

    courtoisie au président Fernando Collor de Mello, avant de rencontrer, dans

    la soirée, le Corps diplomatique.

    Dans l’homélie prononcée à Sao Luis, le pape a parlé de la réforme

    agraire, en rappelant que "les biens de ce monde ont été créés par Dieu au

    bénéfice de tous". C’est "pourquoi la propriété privée, importante et nécessaire, y compris la terre, doit être au service de cette finalité originelle, et non servir à la contrarier".

    "On ne peut nier qu’il existe une plus grande conscience de cette vérité

    et que les données font apparaïtre une légère amélioration dans la distribution des terres au Brésil", a poursuivi le pape. Pourtant, a-t-déclaré,

    "il y a encore beaucoup à faire avant qu’on puisse parler d’une distribution équitable des terres".

    La grande concentration de terres dans les mains d’une minorité requiert

    donc "une véritable réforme agraire". En effet, une telle propriété "n’a

    aucune justification et constitue un abus devant Dieu et devant les hommes".

    Le pape a encore expliqué que parler de réforme agraire n’est rien d’autre que "favoriser la modernisation des rapports de travail dans les campagnes, créer des activités productives dans les zones rurales, réprimer les

    manifestations de violence qui ont tué tant de personnes, y compris des

    prêtres, promouvoir des services d’éducation, de santé, de crédit financier

    en créant les conditions d’un exercice de la citoyenneté à plus d’une dizaine de millions d’agriculteurs".

    Le pape rend le président Collor attentif à ses responsabilités

    Le Brésil traverse une phase délicate, avec d’"énormes problèmes sociaux

    et économiques, dont la solution ne souffre aucun délai", a déclaré le pape

    Jean Paul II au président Fernando Collor de Mello, qu’il a rendu attentif

    à l’ampleur de ses responsabilités: "Le peuple de toute la nation a le regard tourné vers les décisions que vous prenez, dans l’espoir d’un avenir

    plus lumineux et heureux pour ses fils".

    Le pape a souhaité que les problèmes soulevés par la société brésilienne

    puissent toujours être examinés à la lumière des critères de la justice et

    de la morale chrétienne et non en fonction d’intérêts privés.

    A l’occasion de sa visite au président bréslien, le pape a béni la maquette d’un futur centre destiné aux enfants. L’occasion de rappeler que le

    Brésil "ne peut se passer de sa plus grande richesse, l’énorme quantité

    d’enfants et de jeunes qui ont besoin d’être intégrés pleinement dans la

    vie sociale, dans le travail, dans une citoyenneté effective".

    Appel à la responsabilité des pays développés

    Aux représentants du corps diplomatique, Jean Paul II a déclaré que

    l’Eglise continuera à interpeller les nations les plus développées pour

    qu’elles "fassent preuve d’une plus grande compréhension". Le pape a averti

    que l’aide aux ex-pays communistes d’Europe de l’Est ne peut détourner

    l’attention "des tristes événements qui touchent tant de nations".

    S’adresssant aux responsables des pays, il leur a demandé de s’efforcer

    d’appliquer l’éthique politique qui est, a-t-il souligné, "aujourd’hui plus

    que jamais nécessaire, au moment où l’on dispose d’une plus grande variété

    de moyens techniques qui recèlent de grandes ressources aussi bien pour le

    progrès de l’individu que pour sa destruction".

    "Les droits individuels et sociaux de l’homme sont en jeu. La vie humaine ne peut être manipulée à travers des coercitions physiques ou morales,

    dérivées d’intérêts politiques ou financiers", a-t-il conclu. (apic/cip/jtpr)

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