Brésil: grave crise politique (170792)
L’Eglise catholique dénoncent les scandales du pouvoir
Paulo, 17juillet(APIC) Le cardinal Paulo Evaristo Arns, archevêque de Sao
Paulo, a dénoncé en termes sévères, au début de cette semaine, la corruption qui envahit les marches du pouvoir politique et qui atteint jusqu’au
président du Brésil, Fernando Collor de Mello. Lors d’une manifestation
pour une véritable éthique en politique et devant plus de 1000 participants, le cardinal de Sao Paulo a demandé "la participation active des citoyens pour éliminer le scandaleux fossé entre la minorité qui se vautre
dans le luxe et la grande majorité du peuple qui vit dans la pauvreté".
Faisant allusion à la prise de position des évêques de l’Etat de Sao
Paulo et à celle des évêques de l’Etat de Rio de Janeiro, Dom Paulo Arns a
ajouté: "Personne ne peut empêcher le cri d’indignation qui monte du peuple
contre le mépris de la morale dans la vie publique".
Il s’agit, a poursuivi le cardinal, "de respecter la Constitution et
d’enquêter à propos des dénonciations contre les hommes politiques corrompus. L’éthique, comme au temps d’Aristote, ne doit pas seulement être respectée par le peuple, mais d’abord et spécialement par les gouvernants. Le
Brésil appartient à tous les Brésiliens et non pas à une minorité de "marajas"! ("Maraja" est un mot qui désigne au Brésil un membre très riche de la
classe politique qui exploite le peuple).
Le dernier éditorial de l’hebdomadaire de l’archidiocèse, "O Sao Paulo",
rappelle que même les personnes les plus dépolitisées de la population brésilienne, grâce au travail sérieux des médias, commencent déjà à espérer un
changement radical et exigent respect, sérieux et honnêteté dans la vie politique. L’éditorialiste conclut: "Nous avons encore beaucoup de carastéristiques du tiers monde, telle notre lenteur à punir les responsables des
scandales politiques. Rappelez-vous de Richard Nixon, aux Etats-Unis, obligé à démissionner pour des accusations moins graves que celles qui atteignent ces jours les plus hauts responsables de l’Etat. Mais nous allons aussi y parvenir! Notre indignation devant de telles saletés qui éclaboussent
notre pays, c’est déjà la moitié du chemin parcouru".
Lors de la même manifestation, qui a eu lieu sur la place de La Faculté
de Droit, "Largo Sao Francisco", Jair Meneguelli, président de la Centrale
Unique des travailleurs", s’est aussi fait l’écho de tous les participants
en disant: "Ce que nous exigeons, c’est une simple enquête honnête sur les
faits reprochés au pouvoir politique, si haut placé fut-il". Ses paroles
rejoignent l’attente de la grande majorité des Brésiliens qui se passionnent à propos des révélations de la Commission Parlementaire d’Enquête
(CPI), autour des agissements de l’homme d’affaire Paulo Cesar Farias. Les
conclusions finales de cette enquête sont d’autant plus attendues qu’il apparaît chaque jour davantage qu’elles impliquent directement le président
Collor.
Outre le cardinal Arns et le président de la Centrale Unique des travailleurs, d’autres organisations ont elles aussi crié leur indignation sur
la place publique. On notait, entre autres, les représentants de l’Ordre
national des avocats, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB),
la Commission Justice et Paix de Sao Paulo, l’Association brésilienne des
Juristes démocrates, la Fédération nationale des Médecins et le Syndicat
des médecins. (apic/em/ba)