"L’Eglise ne soutient ni candidat ni parti"
Bonn/Münster, 7décembre(APIC) Le président de la Conférence nationale des
évêques brésiliens (la CNBB), Mgr Luciano Pedro Mendes de Almeida, a démenti les informations selon lesquelles l’Eglise catholique brésilienne soutient le candidat du Parti du travail (PT), Luis Inacio "Lula", candidat de
la gauche à l’élection présidentielle du 17 décembre prochain. "L’Eglise ne
soutient ni candidat ni parti" a déclaré Mgr Mendes de Almeida, archevêque
de Mariana, mercredi 6 décembre à Bonn.
Dans une lettre qu’elle a adressée à toutes les paroisses avant l’élection, la CNBB définit le "profil du futur président". Le respect des exigences éthiques formulées par l’Eglise sera un élément déterminant dans le
choix de celle-ci. Certains observateurs au Brésil ont vu dans ces exigences un soutien à "Lula" da Silva : un argument que l’Eglise réfute.
Les 82 millions d’électeurs brésiliens sont appelés à élire le 17 décembre prochain, au second tour des élections, un président pour les six années à venir. Le premier tour de scrutin avait dégagé deux candidats : Fernando Collor de Mello pour le "Parti de la reconstruction nationale", le
parti de droite, et "Lula" da Silva pour le Parti du travail, à gauche.
"Une attitude de collaboration critique"
Mgr Mendes de Almeida souligne que l’Eglise gardera envers chacun des
candidats "une attitude de collaboration critique". Ce qui importe avant
tout, c’est de défendre la population pauvre : en effet, 70 % des
Brésiliens vivent dans la misère; le taux d’inflation a atteint plus de
1000 % cette année. L’Eglise se montre "réservée" face au PT : elle craint
qu’en cas de victoire ce parti n’appuie "trop" l’influence de l’Etat dans
le domaine de l’éducation. Si la droite l’emporte, Mgr Mendes de Almeida
redoute "un renforcement du capitalisme dont les pauvres feraient les
frais".
L’Eglise brésilienne formule des exigences éthiques à l’égard de la politique : la défense du droit à la vie et le refus de l’avortement, une politique de juste répartition des terres, la défense du droit des travailleurs à des conditions de travail décentes, la protection de la nature ainsi que la défense de la vie et de la culture des Indiens.
S’engager personnellement pour la démocratie
A Münster Mgr Affonso Felippe Gregory, évêque du diocèse d’Imperatriz,
dans le Nordeste brésilien, a affirmé qu’au Brésil aucun changement n’est
possible sans un engagement de chacun. Promouvoir la démocratie dans ce
pays c’est en même temps vouloir des transformations économiques et sociales. L’engagement social, que l’Eglise a éveillé chez beaucoup d’hommes,
conduira à un renforcement de l’initiative privée. (apic/kna/gbr/cor)