Brésil: discrimination contre les enfants séropositifs? (040692)
Sao Paulo, 4juin(APIC) Le refus de l’inscription d’un enfant dans l’établissement scolaire privé "Ursa Maior" à Sao Paulo, pour le seul fait
qu’elle est séropositive a provoqué une grande polémique dans les médias et
dans la population de la grande métropole industrielle. Cette décision a
fait d’autant plus de bruit qu’elle a été prise par la direction de l’Association des établissements privés de l’Etat de Sao Paulo, qui a recommandé
aux dirigeants de l’école "Ursa Maior" d’agir de la sorte. Dans toutes les
régions du Brésil, de vives protestations se sont élevées contre une telle
discrimination.
A la fin de la semaine dernière en effet, Sheila de Oliveira se voyait
refuser l’entrée de cette école privée de Sao Paulo. La seule cause de son
exclusion: elle est porteuse du virus du sida. La recommandation de l’Association des établissements de l’enseignement privé a provoqué une levée de
boucliers de la part des parents des élèves et de la direction du collège
catholique Sao Luis, un des plus renommés de la ville, dirigé par les jésuites. Ces personnes ont immédiatement annoncé qu’elles étaient prêtes à
accepter Sheila dans leur collège, si son exclusion était confirmée.
De son côté, l’Association d’éducation chrétienne de Sao Paulo (AEC/SP),
a diffusé une note de protestation auprès de tous les éducateurs. Elle
s’élève contre la désinformation existant sur le sida, "ce qui provoque des
discriminations et des préjugés sur les enfants et adultes victimes de cette maladie". Pour Maria Stella Coelho, une religieuse qui travaille au sein
de l’AEC, "la société a besoin d’entrer dans un processus d’éducation permanente afin de vivre avec cette maladie. Il s’agit d’informer toujours
plus le public et d’assumer l’attitude du Christ envers les petits et ceux
qui souffrent. Pour que tous puissent travailler contre cette épidémie et
vaincre un jour ses effets dévastateurs."
Le Syndicat des travailleurs de la santé publique de Sao Paulo s’est
aussi exprimé sur ce sujet controversé. Il pose la question: "Que fera notre société avec les 2600 enfants et adolescents de 5 à 16 ans, qui sont
actuellement séropositifs, mais qui n’ont pas encore montré les symptômes
de la maladie et qui probablement vivront encore 10 ans avant qu’ils n’apparaissent?" (apic/em/ba)