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    Cible des grands propriétaires pour sa défense des Indiens d’Amazonie

    Brésil: Des tueurs à gages veulent la peau de Mgr Casaldaliga (071193)

    Brasilia, 7novembre(APIC) La tête de l’évêque brésilien d’origine catalane Pedro Casaldaliga, à la tête de la prélature territoriale de Sao Felix

    do Araguaia, aux portes de l’Amazonie, a été mise à prix la semaine dernière, révèle la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) à Brasilia.

    Dom Pedro a appris que trois grands propriétaires terriens ont engagé un

    tueur à gages pour l’abattre. Face à ces nouvelles menaces de mort, une

    plainte a été déposée à la police, apprend-on à Brasilia.

    Selon le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI), ces menaces de mort

    contre l’évêque de Sao Felix do Araguaia seraient liées au soutien qu’il

    accorde aux Indiens Xavantes, désireux de récupérer leurs terres ancestrales. C’est en 1966 qu’ils ont été chassés de leur territoire, occupé depuis

    1981 par la compagnie pétrolière italienne AGIP, propriété de l’ENI.

    Les évêques brésiliens soulignent que le conflit pour la restitution des

    terres indigènes s’est aggravé après que le gouvernement brésilien eût donné l’ordre de délimiter le territoire des Xavantes pour le 1er octobre dernier. Le ministre de la justice a justifié ce procédé parce que l’entreprise italienne n’avait pas respecté la promesse de restitution faite lors du

    "Sommet de la terre" des Nations Unies à Rio de Janeiro en juin 1992.

    A cette occasion, le président de la société italienne, Gabriele Cagliari, avait promis de rendre ces terres. Au printemps de cette année, cependant, il faisait marche arrière en relevant qu’il ne pouvait pas les restituer sans que son entreprise soit dédommagée. Mais la Constitution brésilienne considère comme illégale l’appropriation des territoires indigènes

    et ne prévoit pas d’indemnité de restitution. Outre les menaces de mort

    contre l’évêque de Sao Felix, des centaines de personnes qui se sont installées sur les terres réservées aux Indiens ont dressé des barrages sur

    les routes pour protester contre le retour des terres à leurs propriétaires

    indigènes.

    Dans une interview accordée il y a un an à l’agence APIC, Mgr Casaldaliga, qui avait déjà été victime d’attentats, déclarait: "Je suis tranquille;

    quand on vit au milieu des pauvres, quand on côtoie la mort de près, on acquiert une liberté d’esprit, une certaine sérénité". Poète, théologien de

    la libération, militant des droits de l’homme, ce missionnaire claretin est

    né près de Barcelone il y a 65 ans. Il travaille depuis 25 ans dans ce diocèse presque quatre fois plus grand que la Suisse, au centre géographique

    du Brésil. La ville de Sao Felix, qui compte seulement 10’000 habitants,

    est située à 1’200 km du chef-lieu, Cuiaba, capitale de l’Etat du Mato

    Grosso. (apic/kna/be)

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