Brésil: découpage de l’archidiocèse de Sao Paulo (211088)
Sao Salvador de Bahia, 21octobre(APIC) La décision du Vatican de découper
l’archidiocèse de Sao Paulo est devenu une source de conflit entre l’Eglise catholique brésilienne et le Vatican. D’autres rumeurs de remises à
l’ordre par le Vatican d’un certain nombre de prélats circulent au Brésil,
celles-ci ont pourtant été démenties par le Saint-Siège. D’aucuns pensent
cependant que les mesures prises par le pape dans ce pays ont un caractère
politique. Particulièrement en ce qui concerne le découpage de l’archidiocèse de Sao Paulo. Ce n’est pas l’avis de l’archevêque de Sao Salvador
de Bahia, Dom Moreyra Neves, récemment promu à la dignité de cardinal.
Le découpage de ce diocèse, le plus grand du monde avec à sa tête le
cardinal Paulo Evaristo Arns, bien connu pour son combat en faveur des
pauvres, est contesté par plusieurs évêques, dont le cardinal. Cette affaire s’ajoute aux rumeurs - démenties mercredi 19 octobre par le Saint-Siège
- qui laissaient entendre que le Vatican avait adressé un avertissement à
Mgr Pedro Casaldaliga, évêque de la prélature de Sao Felix do Aragaia, et
que d’autres prélats "progressistes" pourraient à leur tour en recevoir un.
Selon le cardinal Moreyra, ces mesures n’ont rien de politique. Il repousse catégoriquement cette version. Pour ce dernier, il s’agit d’initiatives purement pastorale: "Mettre en relation les décisions de Jean Paul II
avec la politique reflète une vision qui ne cadre pas avec la personnalité
du pape". L’explication du découpage du diocèse de Sao Paulo, dit-il, s’explique dans la mesure ou ce diocèse compte à lui seul près de 12 millions
d’habitants.
Autre reproche formulée par bon nombre de catholiques brésiliens: il y
aurait un trop grand nombre de nominations d’évêques tournés principalement
vers la liturgie ou des thèmes comme celui du droit canon mais qui auraient
abandonné la pastorale sociale. Faux, rétorque le cardinal pour lequel cette version est tendancieuse et partiale. Ce qui est vrai, en revanche,
déclare-t-il, "c’est que ces évêques croient que la mission de l’Eglise est
avant tout religieuse. Ils construisent une Eglise selon les indications du
Concile Vatican II".
Quelle théologie de la libération...
Abordant le thème de la théologie de la libération, le cardinal Moreyra
affirme que l’immense majorité des évêques brésiliens sont avec Jean Paul
II et avec les deux instructions de la Congrégation pour la doctrine de la
foi. Pour lui, la lettre du pape aux évêques brésiliens montre qu’il existe
une théologie de la libération. Celle qui lit , interprète et oriente les
faits à la lumière de la Doctrine sociale de l’Eglise, par opposition à une
autre théologie de la libération qui aimerait orienter son analyse à partir
d’un point de vue marxiste.
Pourtant, reconnaît l’archevêque de Sao Salvador de Bahia, une enquête
faite il y a deux ans démontrait que plusieurs communautés de base avaient
dévié par rapport aux recommandations du pape. Celle, précisémment, dirigée
au Brésil en 1980, dans laquelle il formule un certain nombre de critères
pour une véritable communauté ecclésiale de base, sans lesquels les communautés sont soumises à la politisation de la foi pour devenir les instruments de partis ou de groupes de pression. (apic/selat/pr)