En vue de l’élection présidentielle du 15 novembre
Rio de Janeiro, 22août(APIC/CIP) Un groupe "Foi et Politique" vient de se
constituer au Brésil en vue de l’élection présidentielle du 15 novembre
prochain, à l’initiative d’une trentaine de chrétiens engagés, théologiens
et membres des communautés de base. Le groupe, qui se veut non confessionnel, a l’intention de publier un mensuel et de concentrer ses activités sur
des questions touchant à l’éthique, au socialisme et à la démocratie.
Pour le Père Clodovis Boff, qui a dévoilé l’initiative aux participants
de la rencontre nationale des Communautés ecclésiales de Base (CEB), qui
s’est tenue en juillet dernier dans la région de Rio de Janeiro, le nouveau
groupe n’est lié à aucun parti, même s’il se sent davantage en connivence
avec le Parti des Travailleurs (PT), dont le candidat à la présidence, Luis
Inacio Lula da Silva, est celui auquel s’identifient le plus les membres
des CEB.
"Foi et Politique" n’est pas non plus lié aux CEB. Son objectif : offrir
un forum aux chrétiens engagés dans la politique et qui ne trouvent pas
d’espace pour un débat sur les implications de leur fidélité à l’Evangile,
ni dans les CEB, ni dans les partis politiques.
Clodovis Boff est conscient que son nouveau groupe va s’attirer des
critiques de la part des secteurs conservateurs. Ces derniers déploient
déjà pas mal d’efforts pour forcer les CEB à s’intégrer à la pastorale
traditionnelle. En vain, selon lui : "Il est impossible, explique-t-il, de
cerner les CEB d’un point de vue sociologique. C’est un processus
capillaire. Les communautés ecclésiales de base sont nées en marge de
l’institution, mais non contre celle-ci, et elles tendent à la pénétrer et
à la renouveler."
On dénombre à l’heure actuelle quelque 100.000 CEB à travers tout le
Brésil et, selon Clodovis Boff, le phénomène continue de s’amplifier, grâce
à l’insertion de nombreux religieux qui ont fait l’option pour les pauvres
et d’"évêques prophétiques".
Une révolution par le vote
Prenant la parole lors de la récente rencontre nationale des CEB, le
théologien Frei Betto a invité les participants à exprimer un vote qui soit
"l’expression de l’option pour les pauvres".
Les élections présidentielles du 15 novembre prochain fournissent
l’occasion d’une "révolution par le vote", a-t-il dit, afin d’éviter que se
produise par la suite une révolution violente. Frei Betto a demandé aux
membres des CEB de favoriser la prise de conscience à la veille du choix du
nouveau président parmi la douzaine de candidats en lice, pour la plupart
des conservateurs. (apic/cip/bd)