"Des revendications puisées dans la force de la Parole de Dieu"
Santa Maria (Brésil), 16septembre(APIC) Près de 2300 délégués de tout le
Brésil et une centaine d’invités d’autres pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont participé du 8 au 12 septembre à la 8e Rencontre des communautés
ecclésiales de base (CEBS) tenue à Santa Maria (Etat de Rio Grande do Sul).
Le sujet de cette grande réunion interecclésiale: "Le peuple de Dieu qui
renait à travers les cultures opprimées".
Outre les 98 évêques catholiques présents, la rencontre a rassemblé 106
représentants des Eglises protestantes, 43 Indiens dont un "pajé" (un responsable religieux et culturel indien) ainsi que deux "Pais de Santo" et
une "Mae de Santo" qui sont les personnages les plus respectés dans le culte afro-brésilien, le condomblé ou la macumba. 1450 personnes des communautés de base du diocèse de Santa Maria, autour de leur évêque, Mgr Yvo Lorscheiter, ont participé à l’organisation et à l’accueil de tous les délégués.
L’état d’esclavage pour l’immense majorité des habitants du continent
latino américain, un statut qui perdure depuis 500 ans, a été l’un des thèmes inscrits aux débats. Un autre a évoqué les motifs d’espérance et de libération en germe dans les communautés ecclésiales de base. Ces "nouveaux
espoirs" se révèlent peu à peu, à mesure que se fortifient la réflexion et
l’action des communautés chrétiennes, dans une dynamique de marche commune.
Rôle de la Bible
Le rôle de la "Parole de Dieu est un des éléments de cette dynamique.
"La Bible", a dit un participant, "nous a aidés à découvrir que Dieu était
à nos côtés et qu’Il nous parle chaque fois que la vie est en jeu".
Les délégués réunis à Santa Maria ont mis en valeur le fait qu’ils participent à la joie de l’expérience de Dieu marchant avec le peuple. Un Dieu
qui montre sa présence dans les cultures des différents peuples lorsque
ceux-ci se manifestent dans les luttes des travailleurs des villes et des
campagnes. Mais aussi lorsqu’ils émigrent à la recherche de travail et de
dignité ou quand les femmes, les Noirs et les Indiens exigent leur place
dans la société. "Voilà la bonne nouvelle que nous annonçons à tous depuis
Santa Maria !", ont proclamé les membres des communautés de base.
Exigences évangéliques
Cinq exigences sont clairement affirmées dans la lettre publiée au terme
de la rencontre: la prise en charge de la renaissance des cultures massacrées doit être faite par les Indiens eux-mêmes; les Noirs doivent assumer
"leur négritude" dans l’Eglise et la société; ces deux dernières ont le devoir de permettre aux femmes, en égalité avec les hommes, et à tous les niveaux, d’exercer leur droit de participation à la tâche commune; s’engager
à faire de la démocratie la racine de la société, dans la politique et dans
l’économie reste aussi une exigence pour les travailleurs. Enfin l’Eglise
sera un lieu accueillant où tous se sentent bien dans la maison commune.
Cette Eglise est appelée à donner un appui conséquent et permanent aux mouvements populaires et à la réforme agraire et urbaine, tout en promovant
une réflexion évangélique sur la notion de la terre, un bien commun qui ne
peut être la propriété de quelques privilégiés. (apic/em/ba)